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16/01/2011

La France est sauvée !

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Merci papa !


Marine Le Pen, l’assimilationniste au “rouleau compresseur républicain” (revoyez son interview - à 7'00 -, si vous ne me croyez pas), a gagné l'élection à la présidence du Front National.

Victoire à la Pyrrhus car, un mal pour un bien, au moins, comme ça, les choses sont claires.

Le FN appartient à la famille Le Pen. La COTELEC, seul réservoir de financement du parti, le confirme.

Les élections restent un piège à cons, que ce soient celle qui élève en ce moment Marine Le Pen ou celles qui sont censées lui permettre, à l'avenir, de "sauver la France", crétinerie que j'ai lue un peu partout sur le Net.

De tout cela, il ne sortira strictement rien, sinon un nouvel espoir déçu pour des millions de braves gens naïfs et des années de gloses vaines et futiles sur la satisfaction d’avoir fait un “bon score” dans les urnes truquées du système.

Pour ma part, après 26 ans de soutien électoral et autres, par pur pragmatisme "réseauphile" puisque je ne crois pas aux élections, je ne voterai plus jamais FN et je ne ferai plus jamais rien pour ce parti, qui est décidément, comme les autres, un attrape-nigauds.

Je ne suis ni catholique (traditionnaliste ou non), ni totalement anti-avortement, ni “homophobe”, ni adepte de la droite-naphtaline ou de la droite tout court, ni “antisioniste”, ni rien de tout ce qui fait trembler pour leur réputation et leurs espoirs de dédiabolisation tous les modernes héros de la “droite nationale”. Non.

Je suis simplement, sans doute, un crétin encore pire que tous les autres.

Malgré toutes les avanies, malgré le népotisme et les bassesses de la direction du FN, malgré la purge stalinienne de 1998 et les autres qui ont suivi, malgré le reaganisme débile des années 1985, malgré la farce hypocrite de l'Union des Patriotes, malgré la campagne désastreuse de 2007, malgré tous mes désaccords de fond avec le FN lepénien (pléonasme), je respectais et respecte encore JMLP et ses idées, je pensais qu’il fallait néanmoins pousser le pragmatisme jusqu’à continuer de soutenir ce parti pour entretenir ses financements et surtout "ses" réseaux, pourtant de plus en plus inexistants (il est vrai que certains, comme Bruno Gollnisch ou Yann Redekker, auront toujours ma sympathie).

Mais là, c’est trop. Le vase est plein, il déborde, le dégoût me prend et je balance tout par la fenêtre.

Marre du FN “Travail Ma fille Patrie”, comme le titre L'Huma, pour une fois dans le vrai. Marre du républicanisme extrémiste et laïcard de Marine Le Pen, qui la conduit à renier la lutte totale contre l’immigration allogène.

Peut-être est-elle très humaine, très loyale, très généreuse, très droite, très bien et tout et tout. M’en fous, de connaître ses vraies motivations. M’en tape, de savoir si elle est vraiment opportuniste et carriériste, comme beaucoup le pensent, en faisant référence, il est vrai, à certaines déclarations troublantes.

Sauf en économie (et encore, est-elle sincère ?), je ne partage pas nombre de ses idées, à supposer qu’elle en ait réellement. La critique politique, ça ne consiste pas à trouver les gens "sympa", mais à les juger sur leurs actes. Et les actes politiques de Marine Le Pen, puisqu'elle n'est pas au pouvoir, ce sont ses discours.

C’est tout simple, comme Paul de Tarse, hier matin, je suis tombé de mon âne, j’ai eu la révélation. Mais pas pour créer une religion. Juste pour arrêter les conneries.

Le FN, je n’en veux plus. Qu’il fasse ce qu’il veut.

Je le dis sans rancune, sans regrets, sans haine, je ne condamne pas les adhérents et les soutiens du FN ; à chacun ses expériences. Mais moi, on ne m’y prendra plus. Dégoût total et définitif.

Si vous cherchez un leader, ce qui n'est pas mon cas (la légende de l'homme providentiel, très peu pour moi ; à chacun de bosser au mieux et rien ne vaut la force du collectif), j’ai vu d’excellentes vidéos d’Arnaud Gouillon, le candidat du Bloc Identitaire à la présidentielle de 2012, un jeune type intelligent, impressionnant de maturité et de détermination.

Ce gars-là est manifestement très bien, comme d'autres de sa génération, et je me rends compte, de plus en plus, depuis quelques temps, que je partage bien des choses avec le BI (pas tout, mais beaucoup) et notamment, le fait qu’il attire, lui, la jeunesse avec des idées anti-système, n’en déplaise à ceux qui l’assimilent bêtement aux eurocrates de Bruxelles parce qu’il défend une vision de l’Europe (complètement différente de l’UE actuelle, mais ça, les zélotes de l’amalgame diffamatoire ne veulent pas le savoir).

Cela dit, dans quelle mesure le jeune candidat du BI à la présidentielle pourrait-il être l'instrument d'un Fabrice Robert, qui déclarait il y a un an :  

" Depuis quelques semaines, on voit comme une évolution du discours de Marine Le Pen sur l’islam, l’immigration clandestine. On se sent beaucoup plus proche d’elle que d’un Bruno Gollnisch. Je pense qu’elle est en train de faire évoluer sa ligne. On analyse avec intérêt ce qu’elle propose, on ne veut pas insulter l’avenir. Il est possible que dans quelques mois, quelques années, on puisse travailler ensemble " ?

Il est vrai qu'il a dit ensuite, à l'Université de rentrée du BI en septembre dernier :

"Marine Le Pen n’est pas une identitaire. Elle le reconnaît elle-même volontiers en se définissant comme une républicaine. Par cette définition, elle cousine idéologiquement avec toutes les composantes du système. Car la république de Marine Le Pen, comme celle du système, est une anti-république. C’est la république des masses et non la république du peuple. C’est la république des consommateurs et pas des Français. C’est la république d’une nation sans unité culturelle et sans unité ethnique. Bref, c’est tout le contraire d’une vraie république".

Mais tout récemment, il a émis l'opinion suivant laquelle : 

"Ceux qui arrivent doivent accepter la culture française. Les musulmans voudraient imposer leurs valeurs, mais c’est à eux de s’intégrer".

Cela veut-il dire, pour autant, qu'il soit devenu assimilationniste ? Je ne le pense pas, mais après tout, à part lui-même, qui le sait ?

Dans le panier de crabes des tractations politiciennes, des organigrammes cachés, à qui se fier ? Qui nous dit qu'à terme, Fabrice Robert ne demandera pas à Arnaud Gouillon de lui laisser la place, avant d'appeler à voter Marine Le Pen en 2012, voir de rallier son équipe ?

Quoi qu'il en soit, j’en ai marre du FN, parti de l’hospice et du déambulateur, mais aussi des jeunes "décomplexés" ; marre des nostalgiques de l’Algérie française qui viennent me bassiner avec ce que Salan a fait et ce que de Gaulle aurait dû faire ; marre de ceux parmi les cathos qui me reprochent ma mécréance, à moi le pagano, mais qui, souvent, sont prêts à adopter l’Afrique entière pour peu qu’elle se convertisse ; marre de la com’ électoraliste, des discours assimilationnistes de Valmy et de la dalle d’Argenteuil et de l’affiche de la beurette ; marre des trahisons des activistes de terrain pour parachuter les copains parisiens ; marre du soutien au mariage gay voire à l’adoption par les homosexuels ; marre des appels du pied à l’UMP ; marre du FN, parti sans moyens ni volonté réelle, et marre des discours qui prétendent le contraire.

Place aux jeunes et aux gens intègres. Pas à un parti qui a trahi tous ceux qui l’ont porté là où il est. Place à ceux qui veulent réellement agir !

Je vous le dis, si vous croyez en Marine Le Pen, vous serez tous, un jour, des déçus du FN.

Parce qu'il va permettre à Sarkozy, l'homme de l'anglosphère, d'être tranquillement réélu en 2012 (Marine Le Pen n'a été adoubée par le système que pour cela, parce que Gollnisch ne ferait pas assez de voix pour être au deuxième tour de l'élection présidentielle, comme JMLP en 2002 avant de se faire atomiser par Chirac nanti des voix de la "gauche").

Parce qu'il va se normaliser, se "dédiaboliser" par de nouvelles purges et de nouveaux discours valmyesques et argenteuiliens (on ne peut d'ailleurs exclure un retour d'Alain Soral au FN), se respectabiliser encore davantage, s'offrir un lifting à la Gianfranco Fini, se rapprocher de l'UMP au gré des besoins de celui-ci.

Peut-être même, si la crise économique ne pulvérise pas assez vite nos chères élites, Marine Le Pen sera-t-elle ministre dans quelques années, bien encadrée dans "l'ouverture" chère à Talonnette 1er, autorisée ainsi par le système à gesticuler, elle aussi, contre les "racailles" avec son "Kärcher" personnel, à base de discours et d'opérations policières médiatiquement musclées, servant les desseins de l'oligarchie à laquelle elle aura vendu son âme.

Le FN, pour moi, désormais, c’est : “poubelle”. Aucun parti ou mouvement qui ne voudra pas clairement virer au moins 90 ou 95 % des allogènes et qui n'appellera pas conjointement à l'union des patriotes, n’aura plus jamais ma voix.

Je resterai chez moi, s’il le faut, à regarder de loin la foire aux gogos des élections. Je cultiverai mon jardin en préparant, avec les vrais dissidents, avec les vrais ennemis de la gauche caviar et de la droite foie gras, la révolution.

La vraie, pas celle de palais.

"Un peu de patience et beaucoup de travail".

09/01/2011

La résistance à l'immigration, ça devrait toujours être ça !

Je remercie le camarade Léonidas, qui intervient sur F.Desouche et sur Fortune, de m'avoir fait connaître cette réjouissante vidéo d'Ewald Stadler, parlementaire autrichien du BZÖ.

Voilà des propos qu'on aimerait entendre plus souvent en France, où notre merveilleuse liberté d'expression constitutionnelle ne peut, par pudeur forcée (nous vivons dans un pays tout de délicatesse et d'amabilités, c'est proverbial), accéder ni à l'Assemblée Nationale, ni au Sénat.

02/01/2011

Alain Soral, nécessaire agitateur d'idées

Le site Ripoublik.com m'a aimablement autorisé à reproduire ici le long entretien qu'il vient de réaliser avec Alain Soral, polémiste talentueux et président de l'association Egalité et Réconciliation.

Je précise d'emblée, tant le sujet est sensible aux yeux de certains patriotes, n'avoir aucun lien avec E&R.

Si je partage une bonne partie de l'analyse qu'elle fait de la société et si, grosso modo, sa charte fondatrice rejoint mes préoccupations, je suis fondamentalement en désaccord avec sa vision assimilationniste du problème de l'immigration allogène, et guère en phase avec l'"antisionisme" par lequel elle entend lutter contre l'influence d'élites et d'officines bien connues, déjà dénoncées ici, parfois autoproclamées représentatives de la communauté juive mais plus souvent cachées derrière le masque des "droits de l'homme".

En effet, l'immigration-invasion que nous subissons et dont Soral dit, à juste titre, qu'elle n'a pas grand-chose à voir avec l'islamisme, est une conquête par capillarité, par submersion ethnique.

Rien, dans l'assimilation (par ailleurs globalement impossible et de toute façon non souhaitable) proposée par E&R, ne permettrait d'espérer la sauvegarde de l'intégrité ethno-culturelle de notre continent, ni donc la survie, ou plutôt la renaissance, de la civilisation européenne.

La réémigration de la grande majorité des allogènes est la seule solution à ce problème et c'est, en ce qui me concerne, un objectif non négociable, même dans le but louable d'éviter une guerre civile, laquelle n'est d'ailleurs aucunement une fatalité, contrairement à ce qu'en pensent les esprits binaires.

Soral lui-même explique particulièrement bien en quoi l'Islam est instrumentalisé par le système, ce dont on peut logiquement déduire que ce dernier n'hésiterait pas à s'en servir pour sa propre survie au cas où elle serait menacée, quitte à l'utiliser pour un conflit armé.

Quant à l' "antisionisme", utiliser ce terme, c'est déjà prendre parti dans le conflit israélo-palestinien, c'est déjà importer ce conflit en France. Or, qui y a intérêt, de part et d'autre, dans notre pays, sinon les Juifs sionistes justement, mais aussi les immigrés musulmans ou arabo-centrés ?

Ce conflit n'est pas le nôtre. Dénoncer l'influence néfaste d'une minorité de la communauté juive en France, c'est une chose. Justifier indirectement la présence et la légitimité des allogènes pro-palestiniens et se ranger de leur côté contre un Etat non-européen, sous prétexte de lutte contre cette influence, c'en est une autre.

Sur ces deux points, je ne peux pas tomber d'accord avec Soral.

De même, sur son avis relatif à F.Desouche. Autant les critiques d'Alain Soral sont justes concernant beaucoup de commentateurs sur le site, autant elles tombent à plat quand elles visent les administrateurs de celui-ci, qui n’ont pas du tout un discours favorable à une guerre civile, ni manifestement une logique d’incitation à la haine.

Certes, le problème pourrait être résolu par l’exigence d’une inscription filtrante au forum du site, mais il me semble que la stratégie de F.Desouche repose essentiellement sur l’influence et la réinformation basique, pour peser sur les médias classiques tout en aidant la fraction la plus intelligente des lecteurs à s’autonomiser, quitte à laisser les imbéciles stagner (ce qui rejoint, somme toute, la vision élitiste de Soral, faite, à mon avis, de pur bon sens).

La partie “influence” de cette stratégie serait évidemment mise à mal par un tel filtrage, qui aboutirait à dissuader une bonne partie du lectorat de rester fidèle au site (les frustrés qui ne pourraient s’exprimer se détourneraient de F.Desouche pour aller sur Bivouac-ID ou autre instrument de récupération atlantiste). Un site de masse n’a en effet d’écho que par la quantité de sa fréquentation.

Les vidéos qui suivent sont, sous ces quelques réserves, passionnantes.

Elles ont l'immense mérite de soulever des questions rarement discutées et surtout, sous un angle original, pour qui en a assez du tintamarre médiatique et des panneaux dans lesquels tant de patriotes tombent si facilement aujourd'hui.

22/12/2010

F.Desouche encore censuré

 

Cette fois, après de multiples attaques, c'est l'hébergeur qui fait des siennes (un Ricain... Ah, ils peuvent nous bassiner avec la censure en Russie, les bouffeurs de BigMac ! Allez, je me tais, je vais dire des bêtises).

Si, par extraordinaire, un lecteur en manque avait besoin de cette information déjà archi-connue, voilà l'adresse du blog de secours :

http://desouche.blogspot.com/

12/12/2010

Sortir du matérialisme par le haut

Merci au camarade "Father Mackenzie" d'avoir rappelé quelques évidences :

"Comme la quasi-totalité des Français je ne comprends rien à l’économie, d’ailleurs je suis persuadé que personne, absolument personne, n’ y comprend quoi que ce soit, pas même les économistes, pas plus que les météorologues ne captent quoi que ce soit à la météo. D’ailleurs, si quelqu’un y entravait quelque chose il n’y aurait pas trente-cinq écoles, vingt-six chapelles et autant de polémiques que d’économistes. Ce bousin est à peu près aussi scientifique que la psychanalyse. Par contre, en toute humilité, comme beaucoup de Français, je crois comprendre quelque chose à la politique et une chose que je sais, c’est que dans ce domaine il n’ y a pas de fatalité, mais qu’ en dernier lieu ce qui décide du sort des peuples, c’est la volonté de puissance. Ce que je vois aussi, c’est que cette prépondérance de l‘économie sur le possible est un ORDRE, un ordre se refuse, comme les ordres peuvent se refuser. Cette crise est le passage d’un ordre à un autre, il ne tient qu’aux principaux intéressés, les peuples, que cet ordre soit à leur service et non pas à celui de leurs nouveaux « propriétaires ». Et quand bien même cette option serait douloureuse, il y a de fortes chances qu’elle le soit moins que de s‘en remettre aux solutions imposés par ceux-là mêmes qui ont créé la situation en cause. De plus, il est largement temps de cesser de penser en boutiquiers et de réhabiliter quelques valeurs comme l’ honneur, le danger et la liberté. C’est un sortilège que de vouloir assujettir nos vies à l’économique, c’est la politique qui doit tout déterminer et non l’inverse. Ceux qui ont répandu la croyance inverse l’ont fait pour assurer leur domination. L’intendance suivra !"

... et de m'avoir fait connaître cette chanson de ce bon vieux Lou Reed, "Men of Good Fortune" (1973) :

Une version un peu plus "musclée" :

Men of good fortune
often cause empires to fall
While men of poor beginnings
often can’t do anything at all

The rich son waits for his father to die
the poor just drink and cry
And me, I just don’t care at all

Men of good fortune
very often can’t do a thing
While men of poor beginnings
often can do anything

At heart they try to act like a man
handle things the best way they can
They have no rich daddy to fall back on

Men of good fortune
often cause empires to fall
While men of poor beginnings
often can’t do anything at all

It takes money to make money they say
look at the Fords, but didn’t they start that way
Anyway, it makes no difference to me

Men of good fortune
often wish that they could die
While men of poor beginnings
want what they have and to get it they’ll die

All those great things that life has to give
they wanna have money and live
But me, I just don’t care at all

Men of good fortune
Men of poor beginnings
...

 

Les hommes de bonne naissance
causent souvent la chute d'empires
Alors que les hommes d'origine pauvre
ne peuvent souvent rien faire du tout

Le fils de riche attend la mort de son père
les pauvres se contentent de boire et de pleurer
Et moi, je ne m'en soucie seulement pas

Les hommes de bonne naissance
ne peuvent
très souvent pas faire une chose
Alors que les hommes d'origine pauvre
ne peuvent souvent rien faire

Au fond ils essaient d'agir comme des hommes
se débrouillent du mieux qu'ils peuvent
Ils n'ont pas de papa riche sur qui se reposer

Les hommes de bonne naissance
causent souvent la chute d'empires
Alors que les hommes d'origine pauvre
ne peuvent souvent rien faire du tout

Il faut de l'argent pour faire de l'argent ils disent
regarde les Ford, mais n'ont-ils pas commencé comme ça
De toute façon, ça ne fait pas de différence pour moi

Les hommes de bonne naissance
voudraient souvent mourir
Alors que les hommes d'origine pauvre
veulent ce qu'ils ont et pour l'avoir pourraient mourir

Toutes ces grandes choses que la vie a à donner
ils veulent avoir de l'argent et vivre
Mais moi, je ne m'en soucie seulement pas

Les hommes de bonne naissance
Les hommes d'origine pauvre
...

07/12/2010

Wikileaks et la "dynamique formidable"

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"Ceux qui attendent une révolution, un coup d’Etat, un nouveau président, comme événement déclencheur d’une séquence complètement nouvelle, ceux-là n’ont pas raison. Ces événements surviendront peut-être, sans doute même, mais ils ne seront que les conséquences d’un changement beaucoup plus fondamental, qui prend sa source, qui s'abreuve à notre perception générale (psychologie) de la réelle situation de cette crise terminale, notamment, pour notre cas, par l’influence de nos psychologies percevant cette sorte d’événements que l’on décrit selon ses caractères véritables. L’essentiel est de bien percevoir la vérité du monde, et la séquence Wikileaks nous y aide – encore une fois, quels que soient les buts, les intentions, les desseins cachés ou non, la qualité et les vertus et vices des acteurs impliqués. La séquence-Wikileaks nous montre que la mise en cause du Système ne dépend en rien, en aucune façon, des avatars divers de la situation terrestre et des plans divers des acteurs humains – les intentions ou pas d’Assange, Wikileaks et compagnie –, mais bien d’une dynamique formidable qui est en train de s’ébranler et qui risque bien de secouer le monde, et qui nous dépasse évidemment".

Philippe Grasset


"Cablegate, dans sa version n°3 (les câbles diplomatiques), quoi que prétendent les uns et les autres, quels que soient les arguments ronflants sur les droits de l’homme et la liberté de la presse, représente la première très grande offensive nihiliste à l’échelle globale dans l’histoire des insurrections et des révolutions, volontairement ou involontairement mais dans tous les cas systématiquement et stratégiquement. Ils ne veulent rien, ils ne peuvent rien vouloir d’autre que casser – casser la machine, taper sur la bête, frapper le Système là où ça fait mal. (...)

Le Système est une entité colossale de puissance, qui ne permet à rien de constructif de se faire à cause de cette puissance, et qui a perdu elle-même tout sens, tout aspect constructif et structurant – si elle en eut jamais, d’ailleurs, ce que nous réfutons absolument puisque ce Système n’est rien de moins que “la source de tous les maux”. C’est une idée qu’on trouve déjà chez l’historien britannique Arnold Toynbee, mais qu’il n’a pas poussée assez loin. Cette puissance colossale, invincible, irrésistible, couplée à cette absence abyssale et vertigineuse de sens, donne la machine, le monstre, le Système le plus totalement nihiliste qu’on puisse concevoir, l’inversion même du sens du monde et du sens de la vie, la négation de la Tradition et de la structuration de l’univers. Pour lutter contre cette chose, une seule technique qui est celle du contre-feu (brûler une bande de terrain sous contrôle devant un incendie incontrôlé, pour priver cet incendie d’aliment lorsqu’il arrive sur cette bande déjà brûlée) : opposer le nihilisme au nihilisme, frapper le monstre sans autre but que le frapper..."

Philippe Grasset

29/11/2010

Jean-Claude Michéa flingue le libéralisme

Jean-Claude Michéa, prof de philo (en général, je n'aime ni les profs, ni les profs de philo en particulier, dont Ladislav Klíma disait qu'on les fabrique à partir de la crotte de chien ; mais celui-là est une exception), est l'auteur de plusieurs livres, influencés par la pensée de George Orwell.

Dans l'un d'entre eux en particulier, "L'empire du moindre mal", il démontre que le libéralisme (économique, politique, peu importe, fondamentalement c'est la même chose, avec des variantes dont se servent certains "puristes" pour tenter de faire croire, ou se persuader eux-mêmes, qu'il y existerait des différences radicales - un peu comme entre sectes chrétiennes protestantes aux Etats-Unis) ; que le libéralisme, donc, est en réalité plus progressiste que le collectivisme marxiste lui-même, lequel est notamment moins enclin à la libéralisation des moeurs et donc, à la destruction définitive des structures sociales.

En effet, après la faillite de celui-ci, le libéralisme poursuit, dans la même voie matérialiste, l'achèvement du constructivisme utopique fondateur des "Lumières", ambitionnant  prétendument de réaliser, sous les auspices du "Progrès", au moyen de la croissance et de la "liberté", le bonheur de l'Humanité.

En fait, un cauchemar totalitaire croissant, désormais transhumaniste, dans le cadre d'une guerre des classes au sujet de laquelle un des plus distingués parangons des élites libérales, Warren Buffett, troisième fortune mondiale, a élégamment déclaré :

"La guerre des classes existe, c’est un fait. Mais c’est la mienne, celle des riches, qui mène cette guerre et nous sommes en train de la remporter " (New York Times, 26 novembre 2006).

L'orgueil précède la chute...

En tout cas, cette toute récente interviouve nous montre ce dont Michéa est capable en moins de vingt minutes, sans notes ni stylo. Ça flingue dur. Avec un fin sourire, en plus.

 

20/11/2010

Les certitudes et l'orgueil

James Oliver Curwood

 

Un ancien franc-maçon d'obédience "égyptienne", souhaitant conserver l'anonymat, est l'auteur du texte qui suit. Celui-ci, daté de 1995, était sa dernière "planche" avant qu'il ne quitte sa Loge.

Il est à noter que ce genre de franc-maçonnerie, parfois non-reconnue par les obédiences dominantes, n'est pas, en principe, constituée de "loges d'affaires", et déclare ne poursuivre d'autre but que le perfectionnement de ses adeptes, dans des domaines ni politiques, ni économiques, sans pratiquer aucun lobbying.

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Quand nous étions tout petits, nous étions comme nos frères et soeurs : les animaux, les végétaux, les minéraux.

Inconscients de nous-mêmes, nous faisions partie de la Nature et participions à son grand jeu, sans fard, sans masque, sans souci du passé ni du futur, du gain ni de la perte, dans l'instant présent.

Quiconque plonge son regard dans celui d'un bébé humain ou d'un animal, ou contemple une plante ou un caillou, peut au moins sentir cela.

Puis, peu à peu, la plupart d'entre nous oublient ce lien simple et vrai qui les rattache à la Nature. Parce que rares sont, parmi nous, ceux qui sont "solaires", c'est-à-dire d'un caractère indépendant et autonome ; parce que nous sommes, pour l'essentiel, "lunaires", c'est-à-dire dépendants et imitateurs ; et parce que l'hérédité et l'éducation contribuent le plus souvent à nous faire perdre ce lien, nous devenons presque tous des êtres dénaturés.

Notre coeur, siège de la vie, de la conscience, de l'instinct, de l'intelligence, se ferme et se dessèche au profit de notre cerveau, de notre intellect surchargé de constructions mentales, d'abord apprises, puis répétées à l'infini dans un tourbillon de folie stérile.

De simple fonction, d'outil soumis à la main de l'artisan, le mental en vient à se prendre pour un individu à part entière, doté d'un corps physique comme simple exécutant de ses volontés, et pourvu d'une identité continue dans le temps et l'espace.

Coupé de la Nature, il dit "Je pense", "Je suis", "Je fais" ; il projette le voile de ses réflexions sur le monde qu'il ne connaît plus mais prétend désormais modeler et utiliser.

Très jeunes déjà, nous avons baissé pavillon devant la dictature de cet usurpateur ; pire, nous cultivons sans relâche notre identification à ses folies, sans nous apercevoir qu'elles ne constituent qu'une série de cercles vicieux. Et nous voilà entraînés dans la course à la gratification sous toutes ses formes, articulée autour de deux grands objectifs : comment acquérir le plus possible d'avantages, et comment échapper au plus possible d'inconvénients.

Parce que nous avons peur : de souffrir, de mourir, de manquer, de ne pas être considérés en proportion de la très haute valeur que nous nous attribuons ; et parce que nous ne savons plus voir la richesse des cadeaux que le monde nous fait à chaque instant ; nous courons après les liens matériels, après la reconnaissance sociale, affective, professionnelle.

Pris à ce jeu pervers, nous en venons à nier notre propre nature. Notre égoïsme se développe à mesure que croît notre orgueil, si bien que nous ne considérons même plus notre prochain comme tel... sauf, bien entendu, si nous nous trouvons des intérêts communs.

Nous nous donnons sans cesse des priorités, des objectifs absurdes et illusoires qui, échafaudés sur le vent des pensées qui nous traversent et que nous croyons nôtres, nous éloignent toujours plus de la réalité.

Enfiévrés de craintes et de désirs, nous n'avons même pas la satisfaction d'aboutir, en contrepartie, à un apaisement même momentané. Perdus dans les mirages de la possession et de la conservation, ne sachant plus faire autrement puisque nous avons oublié la Nature, nous poursuivons insatiablement nos chimères toujours nouvelles.

En effet, chaque but, une fois atteint, ne nous paraît jamais correspondre à l'image que nous nous en faisions et nous laisse insatisfaits.

Loin de comprendre le message que le monde, si bienveillant à notre égard même quand nous le trouvons si injuste, nous délivre ; loin d'en tirer profit et de remettre en cause notre prétendue identité, notre vision des choses, notre façon de traiter notre univers ; nous nous renfrognons dans nos certitudes imbéciles et dans notre orgueil stupide.

Comme parfois nos échecs nous blessent, nous nous fabriquons une carapace d'images de nous-mêmes, à notre convenance, une carapace d'insensibilité, une carapace de savoir purement intellectuel, une carapace de pseudo-courage, une carapace de pauvre idiot aveugle et sourd, pour pouvoir continuer notre route circulaire.

Nous ne sommes plus nous-mêmes un seul instant et de toute façon, pourrions-nous l'être ?

Notre propre nature, celle qui s'exprimait encore un peu lorsque nous étions enfants, pourrions-nous, à supposer que nous ayons la lucidité et le courage de nous regarder en face, l'accepter et nous y conformer ? Pourrions-nous jeter bas le masque et admettre de nous montrer tels que nous sommes, à nous-mêmes d'abord et aux autres dont le regard déjà nous brûle, même à travers notre armure de comédiens ? Cela ne nous ferait-il pas mal, terriblement mal, mal à en mourir ?

La vérité, désormais, nous fait horreur.

Un défaut, même léger, que nous nous évertuons à cacher, prend à nos yeux des proportions gigantesques, effrayantes.

Une émotion ressentie devant un fait dont, intellectuellement, nous nions l'impact sur notre coeur ; une émotion, donc, étouffée sous des tonnes d'orgueil et d'insensibilité voulue, nous paraît, si nous la laissons s'exprimer, honteuse, avilissante, menaçante même.

Nos actions passées, si nous reconnaissons leurs vraies motivations, souvent égoïstes et intéressées, nous répugnent et nous écrasent de remords.

Si, par extraordinaire, nos certitudes et notre orgueil ne nous piègent pas assez pour nous empêcher tout à fait de nous interroger sur ce genre de sujets, qu'importe, une autre chausse-trappe, bien plus subtile, nous attend à l'étape suivante.

Brûlant de sortir du cercle vicieux menant du désir insatisfait à la crainte inapaisée, nous cherchons des solutions dans les religions, dans les théories philosophiques, dans les pratiques ésotériques, dans les ascèses.

Toujours aussi "lunaires", nous lisons beaucoup, nous nous gavons de doctrines, d'enseignements, de préceptes de sagesse, que nous tentons bravement de mettre en pratique, même si leur sens exact nous échappe.

Nous posons, à droite, à gauche, tant de questions que nous finissons par tomber sur une bonne âme qui, devant notre insistante motivation, nous livre quelques clés tirées d'une méthode ou d'une autre.

Nous nous précipitons donc dans ce nouveau rêve de délivrance. Or, bien souvent, rien ne se produit et pourtant, que de sacrifices ! Que cette expérience, éventuellement assortie du respect obligatoire d'un tas de règles, de pratiques et d'exercices, a été fastidieuse et pénible !

Pourtant, nous avions été prévenus qu'il ne fallait rien en attendre et surtout pas un résultat et nous nous sommes généralement appliqués à bien faire semblant de suivre ce conseil...

Mais alors, qu'est-ce qui a bien pu clocher ?

A ce stade, plusieurs réactions peuvent être envisagées : primo, tout plaquer et retourner à sa vie passée en se disant que, là au moins, il y a parfois un profit au terme d'un travail ; secundo, tout recommencer et même, entamer une série d'exercices différents, dans l'espoir que cela marche mieux ; tertio, se persuader que le but est atteint mais qu'il n'est pas encore réalisé consciemment, subtile distinction conceptuelle aidant à bâtir une existence positive ; quarto, persévérer dans la pratique sans limite de temps, en y sacrifiant tout, dans la conviction qu'il faut une longue ascèse pour atteindre à un but aussi élevé ; etc.

Quelle que soit l'attitude adoptée, il y aura eu une constante : c'est que nous aurons considéré le fameux but, la libération, l'éveil, comme un objet à conquérir, à acquérir comme un bien de consommation, au prix d'un travail, monnaie d'échange.

C'est la réalisation de notre propre nature, le simple "être soi-même", "deviens ce que tu es", la seule chose vraie que nous puissions faire, que nous aurons ravalée au rang d'un vulgaire paquet de lessive dont nous attendrions un linge chimériquement plus blanc !

Nos certitudes livresques et verbales soutenant notre immense orgueil, nous trouvons nénamoins moyen de nier cette bassesse et, nous raccrochant aux branches, nous dénichons une explication quelconque à notre échec, tout en compensant notre frustration par quelques citations bien choisies, tirées de notre panthéon personnel d'auteurs de référence.

Pas un instant, nous ne songerons que nous avons peut-être pris des vessies pour des lanternes, que nous n'étions peut-être pas mûrs pour les exercices en question, que nous désirons peut-être trop pour obtenir quoi que ce soit, que notre but n'était peut-être qu'une illusion, que nos discours n'étaient peut-être que l'expression d'un savoir appris et non d'un expérience comprise puisque vécue.

Bien pire, nous prétendrons parfois nous intéresser derechef à de hautes sciences, issues des Mystères de l'Antiquité, nous disserterons sur la magie, l'alchimie, l'immortalité... Rien n'est trop beau pour nous ; donc, nous ne craignons de brûler aucune étape.

C'est en groupe que nous nous sentons le mieux. C'est là que notre système intellectuel, construit pièce par pièce au prix de patients efforts d'analyse de textes, se cimente, se renforce au contact des autres, nourris aux même seins.

C'est là que nos certitudes et notre orgueil, moteurs de nos efforts ascétiques, se ressourcent avant de repartir à l'assaut du paradis.

Et, comme le dit Brigitte Fontaine dans l'une de ses chansons, "ça rend sourd, ce trip métaphysique" !

Sourds, nous le sommes le plus souvent, au point de répéter avec une totale conviction des phrases correspondant à des expériences que nous, nous n'avons pas vécues ; au point, même, de ne pas nous croire concernés par des avertissements qui devraient nous toucher, comme ceux de Trungpa dans "Pratique de la voie tibétaine", pourtant sous-titré "Au-delà du matérialisme spirituel".

Plus ou moins inconsciemment, encore une fois, la vérité nous fait peur.

La perspective de voir tous nos beaux châteaux en Espagne s'écrouler, s'évanouir en fumée ; de devoir en rabattre, de constater que nous ne sommes rien, que la grenouille qui se veut aussi grosse que le boeuf ; de devoir repartir de zéro avec une humilité dont nous pensons pouvoir nous dispenser, cramponnés que nous sommes à nos splendides illusions ; tout cela nous terrifie et nous nous bloquons, nous nous fermons de plus en plus.

Nous préférons sacrifier encore un peu plus nos talents naturels, nos tendances, nos moyens d'expression, au profit d'une ascèse de plus en plus étouffante ; si bien qu'à la fin, oui, c'est bien vrai, nous sommes "délivrés", en quelque sorte ; mais c'est parce que nous ne sentons plus rien du tout.

Au passage, nous aurons tout singé : les gourous, vrais ou faux, que nous nous serons trouvés ; le détachement, que nous aurons confondu avec notre insensibilisation ; et jusqu'à la modestie, dont nous avons lu qu'elle s'impose mais dont nous croyons qu'on en dispose.

Et pourtant, partout il est écrit aussi - mais nous ne lisons et répétons que ce qui nous plaît et nous paraît confortable - qu'il faut souffrir pour apprendre, que ce sont les épreuves de la vie qui nous proposeront des leçons.

Ces leçons, comment pouvons-nous prétendre, du haut de notre douillette sécurité matérielle, confortablement étayée de certitudes prétentieuses ; comment pouvons-nous prétendre les faire entrer dans un organe qui n'est pas fait pour les recevoir (notre cerveau analytique) au moyen de simples exercices, sans doute très précieux si nous étions assez dégrossis pour ne pas en attendre un gain ?

Autant tenter d'entraîner un obèse à faire du trapèze volant ! Il faudrait d'abord que l'existence le fasse un peu maigrir...

Si la Nature nous trouvait encore un peu dignes d'elles, sa clémence alors devrait se faire sévère pour, justement, nous faire maigrir, nous faire souffrir. Mais cela, nous ne le voulons surtout pas.

Nous aimons mieux nous complaire dans notre orgueil vain et creux qui, pourtant, si nous nous ouvrions un peu, serait aussitôt taillé en pièces, sitôt sortis de chez nous, par nombre de ces "gens ordinaires", de ce "vulgaire", "vulgum pecus" auquel nous nous sentons plus ou moins consciemment supérieurs, pénétrés que nous sommes de notre très intellectuel accès aux "mystères" !

Alors qu'il faudrait avoir "les pieds sur terre et la tête dans le ciel", nous allons les pieds dans les nuages et la tête bien enterrée, les yeux et les tympans crevés et le tout, en décomposition...

Un grand écrivain américain, James Oliver Curwood, écrivait dans un essai intitulé "Le coeur de la Nature" :

" Il serait à souhaiter qu'une puissance prestigieuse surgît et montrât à l'homme sa petitesse. Seulement alors les épines et les broussailles s'écarteront du sentier qui mène à la paix et au bonheur vers lesquels il soupire, et qu'il découvrirait s'il n'était aveuglé par sa propre importance. De toute la création, l'homme est le suprême égoïste. Sa fatuité et sa suffisance atteignent parfois au blasphème. C'est le paon humain, gonflé d'orgueil et convaincu que l'univers entier a été créé pour lui. (...) La vanité l'empêche de voir les faits. (...) Il existe un professeur, tout près de nous, accessible au pauvre comme au riche, disposé à nous montrer le peu que nous sommes, et à nous faire comprendre le sens de la vie. C'est la nature..., source de repos et de paix. La nature est le Grand Docteur, capable de guérir plus de maladies physiques et morales que tous les médecins et les prédicateurs du monde. (...) La nature règne partout et ses pages sont ouvertes à chacun d'entre nous. Elle se livre sans mystère et vibre du désir de se faire comprendre. Le seul miracle exigé de l'homme, c'est qu'il descende des nuées de son égoïsme et remplace son amour de la destruction par le besoin d'apprendre. (...) Je le répète une fois de plus, les preuves de la Divinité sont si proches de l'homme qu'il ne les voit pas. Il ne sentira la présence de Dieu que lorsque son orgueil s'écroulera. Les esprits des morts ne reviendront pas sur terre pour calmer ses folies, pas plus que les anges ne descendront du ciel. La Puissance divine est trop vaste pour cela. Dieu, le Tout-Puissant, n'est pas un prestidigitateur, ni un saltimbanque, et pas davantage un avocat défendant sa cause. Il est la Vie. Et cette Vie, qui ne meurt jamais, ne connaît aucun favoritisme. "

10/11/2010

Radiographie de l'anglosphère, par Michel Drac

Emission Méridien Zéro du 7 novembre 2010, sur RBN France (durée : 1 heure).

Thème : "Choc et simulacre", ouvrage collectif disponible ici.


podcast

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Source : Méridien Zéro


07/11/2010

Il est en train de se passer quelque chose...

Ô estimables lecteurs, ne sentez-vous pas qu'il est en train de se passer quelque chose ?

Je sais, l'interprétation des augures n'est pas chose facile, bien des signes se bousculent pour indiquer telles directions comme leurs contraires et la prospective, généralement teintée d'idéologie, est un terrain propice à l'hécatombe des ridicules (sans parler des eschatologues de 2012 dont, après tout, l'erreur n'est pas encore avérée, voyez du côté des économistes et des politologues systémiques).

Tant mieux, d'ailleurs. Je trouve qu'il n'y a rien de plus jouissif, en la matière, que de voir un Bac+12 grassement stipendié pour répandre la bonne parole, se heurter à une réalité d'autant plus niée qu'il avait la prétention de l'avoir savamment décryptée en lui donnant un autre sens.

Cela dit, en ce moment, la cohue paraît plutôt montrer à certains la porte de sortie et à d'autres, l'entrée des artistes ; si bien que le scénario de la pièce pourrait bien changer, si ce n'est pas carrément la pièce elle-même.

Laissons, si vous voulez, nos idées préconçues à la porte de notre cabinet de réflexion personnel, autonome et indépendant, et voyons ce que tout ça peut vouloir dire.

Petit rappel liminaire d'une évidence : la télé, la radio, les journaux du système, tous ces mégaphones portant la parole d'un monde qui, à mon avis, s'en va et ne le sait pas encore, ne sont utiles à une pensée potentiellement dissidente que si on a une grille de lecture. Sinon, la sacro-sainte actualité reste un gloubiboulga insignifiant et illisible.

Par conséquent, il faut un minimum de culture générale, un tantinet de sens critique et... beaucoup d'intuition, ce mot qui fait hurler nos modernes Diafoirus, ennemis jurés de l'empirisme, concurrence (dé)loyale à leurs rentables pseudo-sciences.

Je ne prétends pas réunir idéalement toutes ces qualités et, sans doute, dans l'absolu, personne ne les réunit-il à la perfection, mais on est sur un blog, faut bien causer, alors allons-y. Même pas peur.

Trois faits saillants de l'actualité, en guise d'entrailles de poulet où tenter de lire l'avenir.


Premier fait : Obama vient de se prendre une raclée électorale un peu particulière.

Vous allez me dire, les élections, ce n'est jamais qu'une mascarade, un rideau de fumée, on a l'habitude ; Obama, ce n'est jamais qu'une marionnette, on connaît tout ça, pourquoi est-ce que ces élections-là voudraient dire quelque chose de plus que le "rien" habituel ?

Eh bien, parce que cette fois, perce, derrière le sempiternel bipartisme étasunien, une étrange nouvelle entité, une nébuleuse transcourants baptisée "Tea Party", que le système s'est empressé de dénoncer comme facho et tout ce qu'on voudra de pire.

Dans le contexte de la déliquescence économique la plus grave jamais connue par les Etats-Unis, comme de leur affaiblissement en tant que puissance dominante au plan mondial et des menaces de leur éclatement ethnique interne, il y a là, quoi qu'en pensent les Européens habitués (y compris moi) à juger négativement POUR EUX le libertarianisme d'un Ron Paul, un signe.

Le signe de quoi ?

Le signe d'une ultime contorsion d'un système épuisé, visant à faire croire à une alternative qui sera en réalité récupérée, au bout du compte, par le jeu des réseaux et des lobbys, misant sur le caractère hétéroclite de la contestation et les intérêts particuliers de ses représentants ?

Ou plutôt, le signe d'un début de révolution, au sens pacifique, populaire et anti-systémique du terme, appelée à fédérer plus ou moins directement tout ce que les Etats-Unis comptent de pan-sécessionnistes, en vue d'un nouvel isolationnisme et donc, d'une tentative d'évasion hors de la course à l'abîme ?

Difficile à dire.

Une chose me paraît sure : il est trop tard. Quoi que fassent les Américains désormais, la crise est, chez eux, trop avancée pour ne pas produire encore, pendant des années, des effets catastrophiques sur leur économie, sur leur société, sur leur puissance en tant que pays.

Le mouvement "Tea Party" est une réaction désespérée, mais une réaction tout de même, dont le message est : "STOP !"

Et ce message "populiste" est, dans une perspective révolutionnaire, le témoignage d'une inversion du courant.

 

Deuxième fait : nos Tartarins européistes ont décidé d'en faire davantage pour empêcher les Etats-nations membres de la zone euro de "déraper" financièrement et, en plus, ils vont graver cette vertueuse déclaration d'intentions dans le marbre juridique (dame, on sait bien que le papier timbré, ça impressionne Mâme Michu).

Le "non" au traité de Lisbonne, en 2005, ne les pas guéris de leur propension à l'autoritarisme "démocratique", ni de leur constructivisme fédéraliste.

Il faut reconnaître que, si on ajoute les raisons invoquées (le poids des dettes publiques, le sauvetage de la Grèce et le risque d'autres défauts de paiement) au très contradictoire libre-échangisme fanatique de ces schizophrènes, lequel n'arrange rien bien au contraire, ça nous fait un sacré morceau de fuite en avant (dans une "rigueur" et une "austérité" de toute façon totalement insuffisantes pour réduire les dettes et même seulement les déficits annuels, sans même parler de l'illégitimité de l'endettement) ; fuite en avant, dont les mobiles sont en réalité douteux et tournent autour des engagements des banques privées.

On entend néanmoins, comme d'habitude, sur des forums, ou ailleurs, des "patriotes" défaitistes (termes contradictoires, là aussi, ou bien j'idéalise ?) pleurer lamentablement leurs rêves de liberté sacrifiés à une croyance victimaire, en prêtant à cette entreprise une toute-puissance dont nous devrions, selon eux, tous nous persuader.

Bah oui, bouhouhou y a le CFR, bouhouhou y a le Bilderberg, bouhouhou y a la Trilatérale, bouhouhou y a l'OTAN, bouhouhou y a la CIA, bouhouhou y a le Nouvel Ordre Mondial, bouhouhou ils sont trop forts, bouhouhou d'ailleurs Attali l'a dit, bouhouhou on est foutus...

Pour ces naïfs amateurs d'une dramaturgie apocalyptique aussi réellement fantasmée par certains mondialistes qu'irréalisable concrètement par eux (sinon, ils l'auraient déjà menée à bien - enfin, à mal), une petite parenthèse relevant de la psychologie élémentaire.

Quand on fuit en avant, avec une raideur croissante, dans un contexte où tout montre, pourtant, que la fuite n'est pas la solution, qu'est-ce que cela révèle, habituellement ?

La peur, l'impuissance, l'incapacité à se remettre en question, la tentative de passage en force pour maintenir ce qui s'écroule.

En l'occurrence, trois facteurs compromettent la fuite en avant de l'Union européenne vers un fédéralisme dictatorial.

1- La volonté des peuples. Bon, mais ça, on s'en fout ; la démocratie ce n'est qu'un slogan pour les technocrates et les politiciens de Bruxelles, non ? Eh bien, pas forcément. Au plan national, les peuples, ce sont quand même encore des électeurs. Ce ne sont pas les Autrichiens qui diront le contraire. Le système électoral est truqué, d'accord, mais il ne le restera que si le pouvoir n'en décide pas autrement.

2- Or, les "entrepreneurs politiques", comme les appelle Jean-Claude Werrebrouck, ne sont pas tous suicidaires. Il ne leur manque que de comprendre que, justement, la fuite en avant dans la mondialisation libre-échangiste est une folie suicidaire et que, pour conserver une chance de garder quelques miettes du système de demain, via le rejet de l'utopie mondialiste et une approche plus souverainiste des échanges internationaux, il leur faut non seulement descendre du train en route vers l'abîme, mais également proposer à leur clientèle une alternative viable.

3- Les finances feront bientôt défaut, quoi qu'en dise l'officialité. L'UE et, avec elle, ses politico-technocrates mondialo-libre-échangistes (ouf ! Oui, c'est une nouvelle race, celle des PTMLE donc ; heureusement, elle a un défaut génétique qui fait qu'elle va bientôt crever...),  ne vivent que grâce aux subsides des Etats-membres. Autre signe de crispation du "Machin" bleu étoilé, sur ce point : la volonté des PTMLE de créer un impôt européen, pour éviter d'en passer par là. Mais les Etats n'en veulent pas ; curieux, non ?

Bref, nous sommes clairement devant une bande d'autistes, ou d'enfants gâtés sourdingues et cons, comme on voudra, qui, voyant que leur jouet est sur le point de se casser, deviennent tout rouges de colère et crient : "nan, on jouera quand même, na !"

Pitoyable et, à mes yeux en tout cas, très éclairant sur le sens réel de ces gesticulations, ainsi que, surtout, sur l'évolution réelle des choses, bien différente de celle qu'on essaie de nous vendre au "vingt heures".

 

Troisième fait : une certaine gauche (je suis tenté de l'appeler "la vraie", même si elle ne l'est pas encore tout à fait) est, en France, en train de prendre enfin la mesure de la confiscation du pouvoir par l'oligarchie, de droite comme de gauche.

Derrière l'argument constitutionnel de l'illégitimité de ce pouvoir, développé par Jacques Sapir, je lis la critique de la bipolarité systémique telle qu'elle a fonctionné depuis près d'un siècle, d'abord partagée entre marxistes et libéraux, puis, depuis trente ans, entre post-marxistes inassumés (en plein embourgeoisement soixante-huitard, pour tout dire) et sociaux-libéraux, les deux finissant par se rejoindre dans le circuit fermé de l'UMPS, entre les strapontins-repoussoirs du FN et du NPA.

De Marx, cette gauche en rupture de ban garde les éléments d'analyse économique les plus valables.

Saura-t-elle se détacher entièrement de ses solutions utopiques ?

Il est permis de l'espérer, dans la mesure où elle ferait l'effort d'une véritable remise en cause sur la question de l'identité.

Chez elle, cette question est en effet la clé de la rupture d'avec l'extrémisme républicain, consistant à sacraliser le droit du sol et la citoyenneté purement juridique (lecteurs passionnés de Oui-Oui, je vous entends vous étrangler et je vous réponds que je maintiens quand même le terme "extrémisme"...) ; la clé, surtout, des retrouvailles de la gauche avec le peuple "de souche" qu'elle a abandonné une première fois en 1920 et une seconde fois il y a trente ans.

Il ne s'agit pas de savoir, avec certitude, si Mélenchon, issu du système et surmédiatisé, est sincère ou non, ou si ses compagnons de route sont tous sur la même ligne que Jacques Sapir.

Il ne s'agit même pas de savoir si nous sommes pleinement d'accord avec cette gauche qui se veut alternative : nous avons un certain nombre de points de convergence avec elle et, dans une perspective de révolution transcourants, c'est la seule chose qui doit nous intéresser.

Non, la vraie question est de savoir, Messieurs du Parti de Gauche, si vous sentez comme le peuple français a besoin de l'incarnation politique de la question sociale,  certes, mais indissociable de son identité ethno-culturelle (et c'est là que vous butez sur un os) ; si vous entendez comme il vous en crie, comme à toute la classe politique d'ailleurs, l'injuste abandon pour des raisons et pseudo-pudeurs purement idéologiques (je ne parle pas ici, évidemment, de l'intérêt matériel qu'y ont trouvé d'autres responsables, derrière ces alibis théoriques).

Si vous le sentez et l'entendez comme moi, si vous arrivez à admettre enfin que le citoyen multicolore et multiculturel rêvé par l'extrémisme républicain n'a rien à faire avec la question sociale française, vous ne ferez pas l'économie de la remise en cause identitaire.

Dans le cas contraire, vous finirez dans les poubelles de l'Histoire et le "mouvement social" s'incarnera dans d'autres que vous (et que les syndicats-traîtres, dominés par l'adhésion au système).

Ce dont je suis certain, moi, c'est qu'il s'incarnera nécessairement.

La critique par Sapir de l'illégitimité du pouvoir, en est un signe avant-coureur.

La "droite nationale", dans son congélateur estampillé FN (ou plutôt Le Pen), ferait d'ailleurs bien de méditer également la question sociale (la vraie aussi, pas seulement celle de sa constituante bourgeoise libérale et de ses larbins), si elle veut vraiment jouer un jour un rôle autre que médiatique...

 

Que retenir de tout cela, de cette éphémère ronde des phénomènes qui paraît annoncer des changements majeurs dans notre petit aquarium humain ?

La sacralisation libérale des dettes au détriment des peuples, ajoutée à l'entropie générale des structures du système en raison de la crise du sens, font que ça dégringole gentiment vers une révolution qui, si nous savons nous y prendre, nous donnera l'occasion d'une restauration, d'une remontée.

Comme me le disait notre excellent camarade Three piglets (qui a donné le lien vers la vidéo d'hier, ce dont je le remercie au passage) : 

"Un peu de patience et beaucoup de travail".