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05/10/2017

(Excellents) musiciens gauchistes se plaignant des effets dont ils chérissent les causes

26/04/2017

Sexe et mort

 

Aladár Körösfői-Kriesch, La Mort à la poursuite de l'Homme (1905)

 

Aladár Körösfői-Kriesch, L'Homme à la poursuite de la Mort (1905)

29/03/2017

... like you, like me

17/11/2016

En paix

« La chose la plus intéressante pour nous est, à mon avis, de passer en paix la plus grande partie de notre vie, de la manière la plus vertueuse. »

Platon, Les lois, VII

 

19:32 Écrit par Boreas dans Philosophie, Psychologie | Lien permanent | Tags : platon, paix |  Facebook | |  Imprimer | Pin it! |

02/08/2016

In Memoriam Charles Antoni († 29.07.2016)

A Falcina n'épargne personne...

... pas même ni surtout ceux que nous aimons le plus.

 

« Les mots vrais se réalisent toujours. »

Nisargadatta Maharaj

14/05/2016

Seules les étoiles demeureront

« Tout passera. Les souffrances, les tourments, le sang, la faim et la peste. Le glaive disparaîtra, et seules les étoiles demeureront, quand il n'y aura plus trace sur la terre de nos corps et de nos efforts. Il n'est personne au monde qui ne sache cela. Alors, pourquoi ne voulons-nous pas tourner nos regards vers elles ? Pourquoi ? »

Mikhaïl Boulgakov, La Garde blanche

 

28/04/2016

Pour Neige († 24.04.2016)

L'épreuve dénude la vérité et la fait resplendir pleinement.

Louis Cattiaux, Le Message Retrouvé, I, 27'

 

 

PRIERE POUR ALLER AU PARADIS AVEC LES ANES

Lorsqu'il faudra aller vers vous, ô mon Dieu, faites
que ce soit par un jour où la campagne en fête
poudroiera. Je désire, ainsi que je fis ici-bas,
choisir un chemin pour aller, comme il me plaira,
au Paradis, où sont en plein jour les étoiles.
Je prendrai mon bâton et sur la grande route
j'irai, et je dirai aux ânes, mes amis :
Je suis Francis Jammes et je vais au Paradis,
car il n'y a pas d'enfer au pays du Bon Dieu.
Je leur dirai : " Venez, doux amis du ciel bleu,
pauvres bêtes chéries qui, d'un brusque mouvement d'oreille,
chassez les mouches plates, les coups et les abeilles."
Que je Vous apparaisse au milieu de ces bêtes
que j'aime tant parce qu'elles baissent la tête
doucement, et s'arrêtent en joignant leurs petits pieds
d'une façon bien douce et qui vous fait pitié.
J'arriverai suivi de leurs milliers d'oreilles,
suivi de ceux qui portent au flanc des corbeilles,
de ceux traînant des voitures de saltimbanques
ou des voitures de plumeaux et de fer-blanc,
de ceux qui ont au dos des bidons bossués,
des ânesses pleines comme des outres, aux pas cassés,
de ceux à qui l'on met de petits pantalons
à cause des plaies bleues et suintantes que font
les mouches entêtées qui s'y groupent en ronds.
Mon Dieu, faites qu'avec ces ânes je Vous vienne.
Faites que, dans la paix, des anges nous conduisent
vers des ruisseaux touffus où tremblent des cerises
lisses comme la chair qui rit des jeunes filles,
et faites que, penché dans ce séjour des âmes,
sur vos divines eaux, je sois pareil aux ânes
qui mireront leur humble et douce pauvreté
à la limpidité de l'amour éternel.

Francis Jammes

 

Dieu a créé l’homme pour une existence impérissable, il a fait de lui une image de ce qu’il est en lui-même. La vie des justes est dans la main de Dieu, aucun tourment n’a de prise sur eux. Celui qui ne réfléchit pas, s’est imaginé qu’ils étaient morts ; leur départ de ce monde a passé pour un malheur ; quand ils nous ont quittés, on les croyait anéantis, alors qu’ils sont dans la paix. Aux yeux des hommes, ils subissaient un châtiment mais, par leur espérance, ils avaient déjà l’immortalité. Ce qu’ils ont eu à souffrir était peu de chose auprès du bonheur dont ils seront comblés, car Dieu les a mis à l’épreuve et les a reconnus dignes de lui. Comme on passe l’or au feu du creuset, il a éprouvé leur valeur ; comme un sacrifice offert sans réserve, il les a accueillis. Ceux qui mettent leur confiance dans le Seigneur comprendront la vérité ; ceux qui sont fidèles resteront avec lui dans son amour car il accorde à ses élus grâce et miséricorde.

Livre de la Sagesse (Sg 2, 23 ; 3, 1-6.9)

01/11/2014

R.I.P.

22/10/2014

Un seul être...

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Il s'appelait Valentin et c'était l'être le plus splendide et le plus merveilleux que vous puissiez imaginer. Aussi splendide et merveilleux que l'étaient Pimprenelle, Gaspard, Achille et Louison, ses compagnons félins. Tous morts en l'espace de ces deux dernières années. Gaspard, comme Valentin, tué par une saloperie de crétin assassin en bagnole, juste devant la maison. Les trois autres, par la maladie.

Et pourtant, ici c'est le fin fond d'une campagne reculée, un trou perdu où aucun de ces connards compulsivement agrippés à l'hystérie citadine ne viendrait perdre son précieux temps, consacré à communier indéfiniment dans l'agitation festive, dans la frénésie de l'occupation consistant à ne surtout jamais être un peu seul et - soi-disant - désoeuvré. Ah, l'ennui ! Qu'est-ce qu'on s'ennuie hors des villes, hein !

Eh bien, le croirait-on, même dans le coin le plus paumé qui soit, des tarés profonds trouvent le moyen de tuer des chats (et autres animaux innocents) en se prenant pour Senna au volant de leur Clio, sur des routes à peine plus praticables que des chemins vicinaux. Et vous enlèvent, comme rien, des êtres que vous aimez bien plus que vous ne pourriez aimer la plupart des pseudo-humains, à supposer que vous ayez encore envie d'en rencontrer davantage après ça, sans parler de l'envie de les massacrer, juste pour équilibrer les comptes de la tuerie gratuite.

Valentin, tu viens de succomber à l'essence même de la modernité : l'ahurissement, l'insensibilité, l'absence de conscience, le machinisme intégré aux mentalités, la fuite à toute vitesse et en permanence devant l'introspection et la remise en question, les certitudes orgueilleuses et prétentieuses, la croyance religieuse à d'infects bobards. Les homoncules circulants ne se tueront jamais assez nombreux au volant de leurs corbillards : il y en a trop, hélas.

Je t'aimais, Valentin, je t'aimerai toujours. Je veux croire que tu as rejoint le paradis des chats, rois de la création, bien supérieurs à nous autres misérables bipèdes, comme seuls l'ont compris ceux qui savent le voir. Et tes meurtriers, je ne suis même pas capable de les haïr. A peine, de les mépriser. Ces fantômes sont si loin de la réalité qu'ils me deviennent invisibles.

Felix qui potuit rerum cognoscere causas. Oui, felix.

17/10/2014

Le contraire de la peur

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(...) Tandis que les autres chasseurs festoyaient autour de leurs feux, Dienekès fit place à ses côtés à Alexandros et Ariston et les pria de s’asseoir. Je devinai son intention. Il allait leur parler de la peur. Car il savait qu’en dépit de leur réserve, ces jeunes gens sans expérience de la bataille se rongeaient à la perspective des épreuves prochaines.

— Toute ma vie, commença-t-il, une question m’a hanté : quel est le contraire de la peur ?

La viande de sanglier était prête, nous mourions de faim et l’on nous apporta nos portions. Suicide vint, portant des bols pour Dienekès, Alexandros, Ariston, lui même, le servant d’Ariston, Démade et moi. Il s’assit par terre, près de Dienekès. Deux chiens, qui connaissaient sa générosité notoire à leur égard, prirent place de part et d’autre de Suicide, attendant des reliefs.

— Lui donner le nom de manque de peur, aphobie, n’a pas de sens. Ce ne serait là qu’un mot, une thèse exprimée comme antithèse. Je veux savoir quel est vraiment le contraire de la peur, comme le jour est le contraire de la nuit et le ciel est l’opposé de la terre.

— Donc tu voudrais que ce fût un terme positif, dit Ariston.

— Exactement !

Dienekès hocha la tête et dévisagea les deux jeunes gens. L’écoutaient-ils ? Se souciaient-ils de ce qu’il disait ? S’intéressaient-ils vraiment comme lui à ce sujet ?

— Comment surmonte-t-on la peur de la mort, la plus élémentaire des peurs, celle qui circule dans notre sang comme dans tout être vivant, homme ou bête ?

Il montra les chiens qui encadraient Suicide.

— Les chiens en meute ont le courage d’attaquer un lion. Chaque animal connaît sa place. Il craint l’animal qui lui est supérieur et se fait craindre de son inférieur. C’est ainsi que nous, Spartiates, tenons en échec la peur de la mort : par la peur plus grande du déshonneur. Et de l’exclusion de la meute.

Suicide jeta deux morceaux aux chiens. Leurs mâchoires happèrent promptement la viande dans l’herbe, le plus fort des deux s’assurant le plus gros morceau. Dienekès eut un sourire sarcastique.

— Mais est-ce là du courage ? La peur du déshonneur n’est-elle pas essentiellement l’expression de la peur ?

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