Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

02/08/2014

Même les enfants...

... sont désormais mobilisés par les terroristes de Donetsk :

Source

(Je remercie @Matt et @Tarkan de m'avoir informé de cette ignominie supplémentaire imputable aux nobles libérateurs du Donbass, surgis du peuple sans l'aide de personne pour... le reste est à compléter par la rebellitude pseudo-dissidentesque à laquelle je souhaite de pouvoir encore se regarder dans une glace.)

Réalité de la guerre en Ukraine

A l'intention des passants non avertis comme des débilo-complotistes néanmoins susceptibles d'une prise de conscience, voici une carte des opérations militaires en cours dans le Donbass :

Je vous invite à lire le compte-rendu qui va avec, dû à Roman Burko, un journaliste ukrainien qui, avec une petite équipe de traducteurs bénévoles, se dévoue nuit et jour pour informer sur son blog des événements que presque personne ne rapporte en France, ni en général en Occident.

Nous sommes bien loin des fantasmes de la « dissidence » autoproclamée ou, suivant la formule cocasse d'un commentateur particulièrement lucide de ce blog, de « Chauprade et de ses chaupradettes »...

Ici, pas de grosse machine médiatique qui soi-disant viserait à défendre les intérêts occidentaux, pas d' « Empire » caricatural opposé à une Russie idéalisée. Pas de Fox News ni de Bernard Henri Lévy, ni de supputations pseudo-géopolitiques intéressées, à la Xavier Moreau, à la Alexandre Latsa ou à la Alain Soral.

Pas de Zbigniew Brzezinski 1997, ni de Révolution Orange 2004. Pas d'amalgames hâtifs et superficiels avec les situations irakienne, afghane, syrienne, libyenne ou même la guerre du Vietnam. Pas plus de référence aux médias occidentaux qu'à la propagande du Kremlin.

Certes, des pays occidentaux, des entreprises privées occidentales, ont des intérêts en Ukraine. Mais il n'y a pas de complot occidental, dans cette affaire. Ni d'intervention occidentale sur place (hormis, très probablement, de l'assistance en matière de renseignement).

Il ne s'agit ici que d'un pays souverain qui se défend sur son territoire, avec une armée peu nombreuse et mal équipée, contre des pratiques terroristes et une agression, voire une invasion, étrangères, de plus en plus soutenues en hommes et en matériel, par un pays voisin à l'écrasante supériorité militaire, dont le gouvernement nie effrontément toute implication et dont les médias d'Etat accumulent les mensonges en quantités jamais vues.

Peut-être, même sans saisir tous les détails des informations de terrain rassemblées par Roman Burko, leur tonalité provoquera-t-elle en quelque lecteur trop habitué au matraquage publicitaire pro-russe de la « mouvance » d'extrême droite française (comme du fan-club poutinien qui s'étend de l'UMP au Parti de Gauche, en passant par une partie des catholiques), un début de prise de conscience.

Le monde est infiniment plus nuancé et plus complexe, mais en même temps plus simple, que ne prétend le dépeindre le manichéisme paranoïaque des empoutinés.

29/07/2014

Touristes mécontents

Trouvé sur l'excellent blog Ukraine at war, cette vidéo surréaliste de mercenaires russes (accompagnés d'un sniper serbe qui a entre-temps été fait prisonnier par l'armée ukrainienne) franchissant la frontière pour aller dans le Donbass jouer les terroristes en treillis.

Après s'être faits fesser au combat par les patriotes qu'ils traitent de nazis, ces braves touristes n'ont pas de mots assez durs (et grossiers) pour leur reprocher de les avoir blessés et/ou tués, comme s'il était scandaleux que les prestations de l'hôtel-restaurant où ils se sont introduits par effraction ne correspondent pas à l'idée qu'ils s'en faisaient.

28/07/2014

Le roi de la quenelle

Poutine%20et%20les%20rabbins.jpg

La quenelle, ça se fait sans chapeau

 

Nos braves « dissidents » autoproclamés réussissent le tour de force d'aduler Vladimir Poutine et, en même temps, de haïr Israël et le « sionisme ».

Comment réussissent-ils à concilier leur amour de l'hôte du Kremlin et celui de la cause palestinienne (enfin, surtout leur antisionisme qui n'est guère, le plus souvent, qu'un antijudaïsme rebaptisé) ? Mystère ; ou plutôt, non. La réponse ? L'inculture. L'ignorance. Une méconnaissance totale des véritables relations entre Moscou et Tel Aviv.

Vous croyez, bande d'imbéciles heureux, que parce que la Russie soutient le régime d'Assad en Syrie et celui des Mollahs en Iran, elle est l'ennemie d'Israël ? Mais pas le moins du monde ! Non contente de faire du commerce avec l'Etat hébreu, la Russie en est également un partenaire militaire.

Et Poutine vient encore d'illustrer tout récemment la qualité de ces relations, en recevant chaleureusement à Moscou une délégation internationale de plus d'une douzaine de rabbins, auxquels il a fait force démonstrations de philosémitisme, d'antinazisme et d'antirévisionnisme. Ce, le 9 juillet 2014, soit au lendemain du lancement par Israël de l'opération « Bordure protectrice » contre le Hamas à Gaza. De quoi choquer, probablement, nos aimables invités à bras tendu de ce week-end...

Ce n'est pas tout. Ce bon Vladimir Vladimirovitch est décidément le roi de la quenelle ! Ha oui alors ! Nettement plus fort que Dieudonné !

Figurez-vous qu'il a déclaré aux rabbins précités : « Je soutiens la lutte d'Israël, car il tente de protéger ses citoyens ».

Sous-entendu, contre les Palestiniens, notamment. A Gaza, vous pensez qu'on en dit quoi, surtout en ce moment ?

Cerise sur le gâteau, un article du Moscow Times nous apprend qu'en raison de l'absence intéressée de soutien israélien à la position américaine à l'ONU, relative à la crise ukrainienne, « à la fin du mois de mai, se méfiant des critiques [et donc, des écoutes] des États-Unis, Israël et la Russie ont décidé d'installer une ligne de communication spéciale, cryptée [vous avez bien lu !], entre le Kremlin et le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou ».

Et « l'Empire », il en dit quoi ?

Bande de simplets !

Réconciliez-vous, qu'ils disaient

(Manifestation « pro-palestinienne », Paris, Place de la République, 26 juillet 2014)

Source

Rappel - Les réjouissances du 19 juillet 2014, toujours à Paris :

Deux vidéos indispensables, tirées de l'excellent blog Underworld France :

22/07/2014

Le Questionnaire

X%20Files.jpeg

 

Si je me permets de reprendre, pour ce billet mi-sérieux, mi-grotesque, le titre du chef-d'oeuvre d'Ernst Von Salomon (un livre absolument indispensable à la compréhension de la deuxième guerre mondiale, de l'âme allemande et de la vraie nature de la dignité humaine), c'est parce qu'un débilo-complotiste de bas étage m'y a fait songer sur un autre blog, en m'enjoignant ainsi qu'à @Tarkan (« réponse urgente et argumentée attendue ») de répondre à dix questions comme si, nous aussi, nous étions suspects d'avoir commis des actions pas très ragoûtantes, ainsi que l'était aux yeux des Alliés le peuple allemand dans son ensemble, au milieu de ses ruines, en 1945.

Dix questions pondues, cette fois-ci, par le ministre délégué à la Défense de la Fédération de Russie, Anatoli Antonov et qui, selon ce haut personnage, seraient susceptibles, je n'invente rien, de contribuer à la prévention de catastrophes aériennes comme celle du MH17 que son gouvernement déplore mais qui, à l'insu de son plein gré, vient de se produire en Ukraine.

Dix questions qui, bien sûr, ne nous ont pas été présentées comme émanant de l'Etat russe, mais comme un genre de production éthérée, que l'ahuri qui nous les agitait virtuellement sous le nez venait subitement de sortir d'un vaste chapeau d'initié, sorte de corne d'abondance pleine de toutes ces fumisteries d'embrouilleurs ourdies dans de vagues officines, que ces idiots utiles, tout à l'extase d'une supposée trempette dans les coulisses du monde, croient donner sur un océan de secrets à eux seuls réservés.

Bref, un illuminé novorussien, brandissant probablement un bout de ruban de Saint Georges sur son canapé quelque part en France, nous défie de franchir le Seuil.

Que faire ? Eh bien, pour ma part, j'ai choisi la dérision. Ces gens-là ont beaucoup d'humour (ils me traitent quasi-quotidiennement de renégat, de traître et de crétin, c'est vous dire), alors pour espérer rivaliser, autant y aller carrément et essayer de me mettre dans la peau d'un poutinolâtre moyen - fin, cultivé et d'une indépendance d'esprit à toute épreuve.

Lire la suite

20/07/2014

Pour en finir avec le mythe de la Russie née à Kiev...

... Il suffit de lire cet article ou mieux, celui-ci ou, encore mieux, ce livre.

La Russie en tant que telle n’existe pas avant la fin du XVe siècle (sous la forme de la principauté de Moscovie), voire pas avant 1547 où, nous dit Wikipedia, « Ivan IV le Terrible prend le titre de "tsar de toutes les Russies" et non de la seule Rous’ (c’est-à-dire d’une partie de la principauté de Kiev dont les territoires sont sous la domination de l’État polono-lituanien) ».

Je renvoie par ailleurs à un précédent billet sur la question.

15/07/2014

Progrès et regrès

Bientôt, l'humain sera réellement « néo »...

 

« Il reste entendu que tout progrès scientifique accompli dans le cadre d’une structure sociale défectueuse ne fait que travailler contre l’homme, que contribuer à aggraver sa condition. » (André Breton. Le Figaro littéraire, 12 octobre 1946)

« En comparant l’état des connaissances humaines avec les états précédents, Fontenelle découvrit non pas précisément l’idée de progrès, qui n’est qu’une illusion, mais l’idée de croissance. Il vit assez bien que l’humanité, à force de vivre prend de l’expérience et aussi de la consistance. (…) Progrès ne voulut pas dire autre chose d’abord qu’avancement, marche dans l’espace et dans le temps, avec ce qu’implique d’heureux un état de constante activité. Plus tard, on donna à ce mot le sens d’amélioration continue (Turgot), indéfinie (Condorcet) et il devint ridicule. » (Remy de Gourmont. Sur Fontenelle. Promenades littéraires. Mercure de France, 1906)

Cela fait des décennies, sinon un siècle ou deux, que des gens cherchent le mot, l’ont « sur le bout de la langue », qu’il leur échappe, leur laissant une vive et chagrine frustration – sans le mot comment dire la chose ? Comment donner et nommer la raison du désarroi, de la révolte, du deuil et pour finir du découragement et d’une indifférence sans fond. Comme si l’on avait été amputé d’une partie du cerveau : amnésie, zone blanche dans la matière grise. La politique, en tout cas la politique démocratique, commence avec les mots et l’usage des mots ; elle consiste pour une part prépondérante à nommer les choses et donc à les nommer du mot juste, avec une exactitude flaubertienne. Nommer une chose, c’est former une idée. Les idées ont des conséquences qui s’ensuivent inévitablement. La plus grande part du travail d’élaboration de la novlangue, dans 1984, consiste non pas à créer, mais à supprimer des mots, et donc des idées – de mauvaises idées, des idées nocives du point du vue du Parti, et donc toute velléité d’action en conséquence de ces mots formulant de mauvaises idées. Ce mot nous l’avons approché quelquefois, nous avons essayé « regret », c’était joli « regret », un à-peu-près qui consonnait, même s’il appartenait à un autre arbre étymologique. Une autre fois, nous avons dit « régrès » en croyant créer un néologisme, une déclinaison de « régression » qui rimerait avec « progrès », terme à terme. Nous y étions presque. Nous sommes tombés sur « regrès », il y a fort peu de temps, un bon et vieux mot de français, « tombé en désuétude » comme on dit, bon pour le dictionnaire des obsolètes qui est le cimetière des mots. Et des idées. Et de leurs conséquences, bonnes ou mauvaises.

Il est évidemment impossible de croire que le mot « regrès », l’antonyme du « progrès » ait disparu par hasard de la langue et des têtes. Le mouvement historique de l’idéologie à un moment quelconque du XIXe siècle a décidé que désormais, il n’y aurait plus que du progrès, et que le mot de regrès n’aurait pas plus d’usage que la plus grande part du vocabulaire du cheval aujourd’hui disparu avec l’animal et ses multiples usages qui entretenaient une telle familiarité entre lui et l’homme d’autrefois. Ainsi les victimes du Progrès, de sa rançon et de ses dégâts, n’auraient plus de mot pour se plaindre. Ils seraient juste des arriérés et des réactionnaires : le camp du mal et des maudits voués aux poubelles de l’histoire. Si vous trouvez que l’on enfonce des portes ouvertes, vous avez raison. L’étonnant est qu’il faille encore les enfoncer.

Lire la suite

14/07/2014

Idéalisme

(Merci à mon aîné G. de m'avoir fait découvrir cette magnifique chanson sortie en 1971, mais hors du temps.)

12/07/2014

Les actes au bout des idées

L'Ukraine n'est décidément pas la France, où nous ne sommes pas près de voir nos braves politiciens, même « dissidents », au niveau de leurs déclarations... On n'imagine pas Florian Philippot ou Louis Aliot, pas plus que Jean-François Copé ou Arnaud Montebourg, au milieu de nos soldats, en zone de combat, au Mali ou en Centrafrique. Ni même sur le front, si jamais il devait y avoir une guerre en France.

Eh bien Dmytro Yaroch, lui, le chef du Pravyi Sektor, encore candidat, il y a moins de deux mois, à la présidence de la république ukrainienne, c'est différent. On le voit ici il y a deux jours, au milieu de ses camarades, faire le coup de feu du côté de Karlivka, près de Donetsk, pour libérer son pays. Chapeau (il en porte un, tiens - même pas de casque).