Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

04/09/2014

La faiblesse de Poutine en Ukraine

 

« Si je veux, je peux prendre Kiev en deux semaines ». Cette déclaration de Poutine au Président de la Commission européenne Barroso, rapportée lors du sommet de samedi dernier, a glacé le sang dans les veines des membres de l'Union européenne.

La politique du Kremlin en Ukraine menace l'Europe depuis des mois, et pour beaucoup ceci est la démonstration [du bien-fondé, ndt] de l'opinion occidentale au sujet de la Russie. Cependant, ce pourrait être également la démonstration la plus claire de la faiblesse de Poutine.

Si Poutine s'est emparé de la Crimée en quelques jours (ce qui fut le cas) et pourrait vraiment arriver à Kiev en deux semaines (ce qui pourrait être le cas), alors pourquoi le Kremlin s'est-il laissé entraîner dans une guerre par procuration dans le Donbass, qui ne lui a pas apporté d'avantage jusqu'ici ? L'ATO, l'opération antiterroriste de Kiev pour reprendre le pouvoir dans les provinces orientales sous le contrôle des séparatistes, est allée de succès en succès au cours des deux derniers mois, depuis que la présidence de Porochenko et le renouvellement des chefs militaires ont donné une nouvelle impulsion. Novorossia, la fédération des républiques autoproclamées de Donetsk et Lougansk, s'est transformée en Nanorossia, dont les frontières coïncident à peine avec les banlieues des deux villes. De plus, tandis que l'engagement militaire de Moscou est chaque jour plus évident et difficile à nier (comme cela avait été le cas en Crimée avec les « petits hommes verts »), au-delà de quelques victoires remportées ces derniers jours, les forces séparatistes sont à une étape de la défaite. Poutine a envoyé quelques milliers de parachutistes dans une opération de « maskirovka » [camouflage, ndt] sur les rives de la mer d'Azov, mais il lui faudrait plus que cela pour inverser le résultat du conflit. La vérité est probablement que la Russie ne peut pas envahir l'Ukraine.

Lire la suite

03/09/2014

La bataille d'Ilovaïsk

Je me félicite de comprendre pas trop mal l'allemand, ce qui me rend intelligible ce reportage qu'a diffusé hier la chaîne ARD :

Eventuellement, je peux répondre aux questions des non-germanophones dans les commentaires.

02/09/2014

« Une guerre pour la destruction totale de la nation ukrainienne »

Entretien avec Andriy Biletsky, commandant du Bataillon Azov, le 29 août 2014.

(04.09.2014 - La version sous-titrée en anglais a été virée par YouTube, désolé. Il ne reste que la VO. Mais vous trouverez ici un résumé de l'entretien.)

A lire, cet entretien plus récent (1er septembre 2014) avec le même, traduit en anglais, où il déclare être à 100% sûr que la Russie n'entend pas arrêter ses opérations à Kherson (création d'un couloir depuis Novoazovsk jusqu'à la Crimée et au-delà), mais projette de poursuivre jusqu'à Odessa et ensuite, jusqu'à Kiev et vers l'Ouest, pour, in fine, conquérir et détruire la nation ukrainienne et son Etat.

Source en ukrainien : cliquez ici.

Pour tous ceux qui douteraient encore de la réalité de l'invasion russe et pour mesurer la portée pratique de l'expression « full-scale » , regardez les images de cet interminable convoi de chars, de véhicules de transport de troupes et de camions, filmé aujourd'hui entre Krasnodon et Lougansk (merci à l'irremplaçable blog Ukraine2014) :

A l'évidence, vous diront RT, le Saker et Olivier Berruyer, juste un peu de matériel piqué à l'armée ukrainienne (qui a décidément oublié de brancher l'antivol, sont-ils sots ces nazis de Kiev...) ou trouvé, avec plein de braves civils ayant subitement appris à s'en servir, dans les supermarchés locaux...

Et comme le Kremlin nie toujours, n'est-ce pas, ils ont forcément raison. La vérité ne peut pas être vraie.

Ça me rappelle une phrase d'Orwell, tiens.

31/08/2014

Un malheureux accident

En Russie, l'usage des médias est réservé à un certain type de bipèdes

 

Une fois n'est pas coutume, je vais défendre un libéral. Ceux qui connaissent ce blog savent que je suis anti-libéral (ce qui ne veut pas dire communiste ou contre l'entreprise privée) et en seront donc peut-être étonnés.

C'est qu'il y a quand même un minimum de règles à respecter, si on prétend vivre dans une société un tant soit peu civilisée. L'une de ces règles étant la protection des citoyens contre la violence et, a fortiori, contre la violence de l'Etat, puisque c'est celui-ci qui est censé assurer cette protection, en échange du paiement des impôts, etc.

C'est qu'il existe également un minimum de règles sociales entre êtres humains un tant soit peu civilisés, sauf à être une brute néanderthalienne (N.B. : les Néanderthaliens n'étant plus là, ils ne peuvent pas me contredire si je me trompe ; or, il faut bien une image pour décrire ce que je veux dire et il se trouve que j'ai trop de respect pour les porcs pour les comparer au type de soi-disant humains auxquels je pense). Ce minimum consiste, entre autres, à ne pas exercer de violence contre un autre être humain, sinon pour se défendre ou pour réprimer un comportement contraire à l'éthique élémentaire.

Lire la suite

30/08/2014

Le dédicataire de Poutine

« Maintenant nous voyons que de grandes villes et pareillement de petits villages sont encerclés par l'armée ukrainienne, qui bombarde directement des quartiers résidentiels pour détruire les infrastructures vitales, pour éteindre la volonté de ceux qui lui résistent. Bien sûr, c'est très triste. Cela me rappelle la Seconde Guerre mondiale, quand les forces allemandes encerclaient des villes russes comme Leningrad - Saint Petersbourg, bon ! Donc, elles ont encerclé Saint Petersbourg et ont bombardé des quartiers résidentiels avec de l'artillerie lourde. »

Vladimir Poutine, Saint Petersbourg, 29 août 2014

 

Vladimir Fédorovski a dit des choses très intéressantes sur la fascination de Poutine pour Staline. Un entretien qui n'a pas été publié par Le Figaro...

Pour ceux qui douteraient du rapport poutinien au tyran rouge, sachez qu'il lui a dédié les Jeux Olympiques de Sotchi ! Non, je vous fais marcher, l'article qui affirme cela est parodique, mais pas si éloigné de la réalité.

Dire que c'est ce type que les larbins du Kremlin encensent...

29/08/2014

L'Ours manque de moyens

Carte de la situation dans le Donbass au 29 août 2014, par le Conseil National de Sécurité et de Défense de l'Ukraine (carte un tantinet optimiste, donc : il faut maintenir le moral de la population...)

 

L'armée russe a la capacité de s'emparer des oblasts de Donetsk et de Lougansk si personne ne fournissait de l'aide à l'Ukraine, dit le spécialiste russe des affaires militaires Alexandre Golts, mais il soutient que Moscou « n'a pas les ressources » qui lui seraient nécessaires pour une occupation totale de ces zones et d'autres régions de l'Ukraine.

Dans un entretien publié par l'agence de presse ukrainienne Gordonua.com, Golts déclare qu'actuellement, il voit trois variantes possibles à la probable évolution de la situation militaire et sécuritaire dans le sud-est de l'Ukraine.

La première concernerait un effort russe pour aborder « certaines tâches tactiques » impliquant de fournir de l'aide aux séparatistes à Donetsk et Lougansk, via la mer d'Azov, maintenant que les forces ukrainiennes ont réduit la capacité de Moscou de les approvisionner par d'autres routes. Dans cette éventualité, dit-il, « les forces russes devraient être rapidement retirées », une fois que cet objectif aura été atteint.

La deuxième variante, déclare Golts, consisterait en un effort pour occuper « pas tout des oblasts de Donetsk et de Lougansk, mais plutôt la création d'une ceinture de sécurité de 10 à 15 kilomètres de largeur le long de la frontière russo-ukrainienne, de Donetsk à Azov », pour que le gouvernement russe soit en position de soutenir les séparatistes pendant longtemps.

Cela pourrait être fait par les troupes disponibles, mais même en mars 2014, quand la Russie disposait du plus grand nombre de forces le long de la frontière - environ 80.000 hommes -, l'état-major russe a fait part au Kremlin de ce que ces forces seules « étaient insuffisantes pour une invasion et une mainmise totales sur les oblasts de Lougansk et de Donetsk ».

Lire la suite

28/08/2014

Ukraine : l'invasion russe, on y est

Ce n'est pas l'Occident ni même l'Ukraine qui le dit, mais Ella Polyakova, membre en Russie du Conseil présidentiel pour la société civile et les droits de l'homme et donc, d'une institution directement dépendante de Vladimir Poutine :

Les photos satellite, comme les déclarations des soldats russes capturés, celles des mères de soldats, celles du chef terroriste Alexandre Zakhartchenko, et maintenant celles des épouses de soldats, ne laissent de toute façon aucun doute.

Il n'y a guère que le Kremlin pour nier encore que la terre soit ronde et que le ciel soit bleu.

Du coup, l'Ukraine va réinstaurer la conscription et demande à l'OTAN, faute d'une adhésion, de lui accorder le statut d'allié privilégié.

Poutine paraît triompher dans l'immédiat, face à la pusillanimité européenne, mais à plus long terme, c'est une victoire à la Pyrrhus (sans jeu de mots !) et même, une véritable catastrophe géopolitique pour la Fédération de Russie, qui est en train de s'aliéner définitivement l'Ukraine ainsi que la plupart des autres nations de l'ancien Pacte de Varsovie.

Le Kremlin prétend que l'OTAN est une menace, mais la politique étrangère poutinienne va aboutir à la création de nouvelles bases de l'Alliance atlantique, plus près des frontières de la Russie.

Bravo Vova, comme dit le général Vincent Desportes (encore une Madame Irma, « spécialiste de la stratégie », qui s'est complètement plantée), tu es vraiment un grand joueur d'échecs !

25/08/2014

Incompétence et corruption à l'arrière

ATO.jpg

 

Quand le Bataillon Donbass a pris d'assaut Ilovaïsk tenue par les séparatistes pro-russes, le 18 août, et hissé le drapeau ukrainien sans subir la moindre perte, les médias ukrainiens ont brièvement rapporté une victoire pour l'opération anti-terroriste contre les insurgés soutenus par le Kremlin.

Le ministère de l'Intérieur a annoncé que quatre bataillons de volontaires, avec l'armée régulière, nettoyaient Ilovaïsk, une ville de 17.000 habitants au sud-est de Donetsk, des forces soutenues par la Russie, et a promis que davantage de soutien par la Garde Nationale était en chemin.

Cette version s'est avérée être surtout une manipulation susceptible de rejaillir sur ses créateurs, Etat et médias.

Une semaine plus tard, le Bataillon Donbass a perdu 10 hommes et plus de 20 ont été blessés, du fait de ce qui pourrait être l'incompétence du commandement militaire ou même un abandon délibéré. Bloqués alors qu'ils luttaient pour garder le contrôle de la ville, les volontaires du Donbass sont renforcés par une seule compagnie de la 93e Brigade de l'armée et quelques combattants du Bataillon de volontaires Dniepr.

Tant les combattants du Donbass que trois photographes ukrainiens embarqués avec eux, enragent de ce qu'ils appellent les mensonges et les atermoiements du gouvernement comme des médias ukrainiens, et veulent faire passer leur version de l'histoire.

Lire la suite

24/08/2014

La Russie de plus en plus impopulaire

N'en déplaise à la minorité de lèche-bottes de Poutine en France, la politique étrangère de celui-ci n'est guère populaire qu'en Russie et... en Chine, un autre pays hautement soucieux de vérité et de dignité humaine :

Et ça ne s'arrange pas. Pour preuve, la comparaison avec l'an dernier :

On notera qu'au sein des fameux BRICS (les-pays-sains-contre-la-pourriture-occidentale, qu'y-vont-tout-casser-car-unis-contre-le-dollar), seule la Chine apprécie la Russie - et encore, pas follement.

L'agression de l'Ukraine est fortement soupçonnée d'être la cause de ce désamour général, mais chut ! Si vous ne voulez pas passer pour un agent de la CIA infiltré dans la « mouvance » de l'extrême connerie droite française, faites comme si on ne vous avait rien dit.

Source (fondée sur une étude du Pew Research Center)

23/08/2014

Donbass : la tentation de l'abandon

Petro%20Porochenko.jpg

Entre les intentions affichées et la volonté réelle, qui sait où va Porochenko ?

 

(...) Après quelques discussions avec des diplomates occidentaux, à l’Ouest, les décideurs sont sûrs que malgré les préparatifs évidents, « Poutine ne se décidera pas ». Après quelques discussions avec les décideurs ukrainiens, à Kiev, l’éventualité de l’intervention [russe] est estimée à 80%.

(...) Nous ne savons pas ce que pense M. Porochenko, mais un certain nombre d’experts faisant partie de son entourage proche pensent que l’intervention n’est pas le pire des dénouements.

Pourquoi ? Voyons leur logique.

 

1. Selon un de nos interlocuteurs, « la guerre est au point mort ». De nombreuses tentatives de dominer et de contrôler la frontière avec la Russie ont échoué. Les séparatistes et les mercenaires ont la possibilité d’être approvisionnés en matériel, en armes, en munitions, etc.

Prendre d’assaut les grandes villes, bien fortifiées et défendues par un grand nombre de combattants armés peut entraîner d’importantes pertes parmi les forces de l’armée ukrainienne et parmi les civils. Selon différentes estimations, jusqu’à 500.000 civils se trouvent actuellement à Donetsk. Prendre Donetsk et Lougansk sans le soutien de l’aviation et de l’artillerie multiplierait les pertes parmi les militaires ukrainiens. L’utilisation des obusiers, des lance-roquettes, etc., augmenterait considérablement les pertes civiles. Kiev n’est pas prête à transformer Lougansk en Stalingrad, et Donetsk en Grozny.

Ainsi, terminer la guerre avant l’arrivée du froid semble un objectif difficilement atteignable. D’un côté, les séparatistes n’auraient plus la possibilité d’utiliser les forêts, les plantations d’arbres, etc. Mais de l’autre côté, durant les périodes de l’automne et de l’hiver il serait difficile d’utiliser l’aviation, les reconnaissances seraient aussi compliquées, il y aurait d’autres soucis avec l’approvisionnement… Enfin, il paraît assez évident qu’attaquer sur la neige est plus difficile que de se défendre.

Lire la suite