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12/06/2013

Misère de la modernité

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Je rentre d'une veillée (Manif Pour Tous). Quelqu'un a lu ça, que je ne connaissais pas :

« (...) Aujourd’hui, je suis profondément triste – et en profondeur. Je suis triste pour ma génération qui est vide de toute substance humaine. Qui, n’ayant connu que le bar, les mathématiques et les Bugatti comme forme de vie spirituelle, se trouve aujourd’hui dans une action strictement grégaire qui n’a plus aucune couleur. On ne sait pas le remarquer. Prenez le phénomène militaire d’il y a cent ans. Considérez combien il intégrait d’efforts pour qu’il fût répondu à la vie spirituelle, poétique ou simplement humaine de l’homme. Aujourd’hui que nous sommes plus desséchés que des briques, nous sourions de ces niaiseries. Les costumes, les drapeaux, les chants, la musique, les victoires (il n’est pas de victoire aujourd’hui, rien qui ait la densité poétique d’un Austerlitz. Il n’est que des phénomènes de digestion lente ou rapide), tout lyrisme sonne ridicule et les hommes refusent d’être réveillés à une vie spirituelle quelconque. Ils font honnêtement une sorte de travail à la chaîne. Comme dit la jeunesse américaine : "Nous acceptons honnêtement ce job ingrat" et la propagande, dans le monde entier, se bat les flancs avec désespoir. Sa maladie n’est point d’absence de talents particuliers, mais de l’interdiction qui lui est faite de s’appuyer, sans paraître pompière, sur les grands mythes rafraîchissants. De la tragédie grecque, l’humanité, dans sa décadence, est tombée jusqu’au théâtre de M. Louis Verneuil (on ne peut guère aller plus loin). Siècle de la publicité, du système Bedeau, des régimes totalitaires et des armées sans clairons ni drapeaux ni messe pour les morts. Je hais mon époque de toutes mes forces. L’homme y meurt de soif.

Ah ! Général, il n’y a qu’un problème, un seul de par le monde. Rendre aux hommes une signification spirituelle, des inquiétudes spirituelles. Faire pleuvoir sur eux quelque chose qui ressemble à un chant grégorien. Si j’avais la foi, il est bien certain que, passé cette époque de "job nécessaire et ingrat", je ne supporterais plus que Solesmes. On ne peut plus vivre de frigidaires, de politique, de bilans et de mots croisés, voyez-vous ! On ne peut plus. On ne peut plus vivre sans poésie, couleur ni amour. Rien qu’à entendre un chant villageois du XVe siècle, on mesure la pente descendue. Il ne reste rien que la voix du robot de la propagande (pardonnez-moi). Deux milliards d’hommes n’entendent plus que le robot, ne comprennent plus que le robot, se font robots. Tous les craquements des trente dernières années n’ont que deux sources : les impasses du système économique du XIXe siècle, le désespoir spirituel. Pourquoi Mermoz a-t-il suivi son grand dadais de colonel sinon par soif ? Pourquoi la Russie ? Pourquoi l’Espagne ? Les hommes ont fait l’essai des valeurs cartésiennes : hors les sciences de la nature, ça ne leur a guère réussi. Il n’y a qu’un problème, un seul : redécouvrir qu’il est une vie de l’esprit plus haute encore que la vie de l’intelligence, la seule qui satisfasse l’homme. Ça déborde le problème de la vie religieuse qui n’en est qu’une forme (bien que peut-être la vie de l’esprit conduise à l’autre nécessairement). Et la vie de l’esprit commence là où un être "un" est conçu au-dessus des matériaux qui le composent. L’amour de la maison – cet amour inconnaissable aux États-Unis – est déjà de la vie de l’esprit.

Et la fête villageoise et le culte des morts (je cite ça, car il s’est tué depuis mon arrivée ici deux ou trois parachutistes, mais on les a escamotés : ils avaient fini de servir). Cela c’est de l’époque, non de l’Amérique : l’homme n’a plus de sens.

Il faut absolument parler aux hommes. (...) »

Antoine de Saint Exupéry, Lettre au Général X, juillet 1943

10/06/2013

Révolution républicaine

 

« (...) La situation politique en France comporte (...) quelque chose de radicalement nouveau, incompréhensible à la seule science politique et dont la compréhension requiert l’adoption d’un point de vue philosophique. La seule révolte contre la dictature nihiliste ne suffirait pas à produire un mouvement de la nature de celui que nous observons. Un principe spirituel nouveau est à l’œuvre ici. C’est en cela qu’il y a réellement révolution.

C’est une mutation soudaine qui s’est produite, et ce qu’on en voit n’est qu’un début. Nous ne sommes plus en présence d’un affrontement droite/gauche traditionnel en France, avec d’un côté les "conservateurs", ou la "réaction", et de l’autre un "front progressiste". Nous sommes au contraire en face d’un retournement dialectique d’ampleur historique, conduisant au renouvellement complet des règles du jeu et, en particulier, à une renaissance très originale de l’idée républicaine.

Cette légitimité qui s’oppose aujourd’hui à cette légalité (ou apparence de légalité) qui n’a jamais fait défaut aux pires tyrannies, c’est encore et toujours, en France, la légitimité républicaine et c’est celle de l’Histoire. Mais qu'est-ce que la République ? Nous allons essayer de le dire.

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09/06/2013

Jeu, set et match

 

C'est encore Le Salon Beige qui était sur le coup.

 

Vendredi au Trocadéro, ça rigolait moins, des choses intéressantes ont été dites :

 

Révolution !

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De la cacophonie provoquée par la fin imminente du règne de l'argent, entre deux tweets du gaga Pierre Bergé et trois rodomontades des sinistres cerbères virtuels du régime, Ayrault et Valls, émergent deux renseignements dont le rapprochement est de nature à heurter même le plus accommodant des béni-oui-oui.

D'abord, le meurtrier de Saint Clément, icône de tous les Justes autoproclamés, ne sera pas poursuivi pour homicide volontaire, n'en déplaise aux tenants braillards, agressifs et crasseux de la thèse ridicule de l'assassinat politique.

Refusant de suivre le Procureur de la République aux ordres du pouvoir, le Juge d'instruction n'a retenu en toute logique, au vu des éléments de l'enquête, que la thèse des violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ; bref, de la bagarre qui s'est mal terminée pour celui qui avait contribué à la déclencher.

Qui de sensé et d'un peu instruit des moeurs respectives des intéressés, pouvait sérieusement croire à un assassinat ? Personne, en tout cas, qui fût au courant de la réalité des violences gauchistes, comme le démontre un rapport d'Europol (pages 30 à 37) dont je dois la connaissance à l'excellent blog d'un sympathique fossile politique :

« On y apprend qu’en 2012 il y a eu 18 attaques terroristes perpétrées par des groupes d’extrême gauche, 2 par des groupes d’extrême droite. On y apprend que dans de nombreux pays de l’UE des groupes d’extrême gauche recherchent l’affrontement avec les forces de l’ordre, visant spécifiquement les officiers, à l’occasion de manifestations. Que ces groupes ont tissé des liens au niveau international, avec d’autres groupes, en Amérique latine notamment. Les mouvements anti-capitalistes et anti-fascistes y sont décrits comme actifs et violents. Pour mémoire, on notera que l’extrême gauche en 2010 était responsable de 45 attaques terroristes, 0 pour l’extrême droite. »

Toute la montagne du battage politico-médiatique, visant ces deux derniers jours à terroriser les Français avec le sempiternel retour de la menace de l'ombre du fantôme du fâââchisme ultra-violent et omniprésent, aura donc accouché de cette seule souris : rien de tout cela n'est vrai, le régime a menti, comme d'habitude et, ce qui est plus grave, des ministres de premier plan du gouvernement ont accusé sans preuve et diffamé des groupes politiques qui, s'ils ne sont pas toujours très intelligents ni pragmatiques, ne sont coupables de rien de ce que leur reprochent ces dignitaires censés être impartiaux.

Le discrédit causé par ces allégations mensongères et ces procès en sorcellerie est considérable et rejaillit sur l'ensemble de la classe politique française, qui a cautionné cette posture (à l'exception du FN, qui a toutefois seulement cherché à se dédouaner, là où il eût fallu être offensif dès le début).

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07/06/2013

On ne lâche rien !

Merci à l'ami @Three piglets de m'avoir fait découvrir cette vidéo jubilatoire où, jusqu'à 1' 35, on roupille avec les ahuris friqués présents à une vente aux enchères de morceaux du mur de Berlin (quel symbole, en pareil contexte !) organisée hier par la maison de vente de Pierre Bergé, au Conseil Economique, Social et Environnemental, dans les murs du palais d'Iéna à Paris, avant d'être réveillé en fanfare par la résistance.

A l'assaut !

Guimauve et virtualisme

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Le sympathique Pierre Bergé, 82 ans. A cet âge-là, on est forcément spirituel - ou pas. Et puis, on meurt. La faute à l'extrême drouâte homophobe et antisémite, bien sûr.

 

A travers le mouvement de la Manif Pour Tous, qui n'est pourtant que le véhicule partiel d'une contestation plus grande, le peuple français est en train de montrer au monde entier qu'il existe et n'entend pas se laisser détruire par l'hybris libérale libertaire d'une minorité de marchands et de psychotiques.

Depuis des mois, la voix de ce peuple muselé monte, réprimée et assourdie par le déferlement de la censure médiatique aux ordres du capital et de ses idiots utiles, mais portée par l'engagement et l'activisme d'une jeunesse à mille lieux de son portrait tel que peint par la foule des vieux cons aigris au pouvoir, au seuil de la retraite et de la déchéance, pour qui jouir sans entraves n'est plus possible et pour qui le naufrage de leurs utopies, voire de leurs corps fripés, est forcément imputable à l'indignité de leurs descendants.

Seule une infime frange moutonnière et servile de ces descendants entonne encore, avec la génération précédente d'enfants gâtés, le péan soixante-huitard subventionné par le capital. Le reste, bruyamment ou en silence, manifeste de plus en plus sa désapprobation - que dis-je, sa révolte et son exaspération.

Et pourtant, le citoyen souvent de plus en plus atomisé, de plus en plus isolé dans le clapier aseptisé, plus ou moins confortable, que lui a réservé la civilisation du Progrès, n'a pas forcément cette impression. A moins d'être bien informé, au fait de l'expression croissante de la dissidence sur internet, s'il se contente de presser les boutons habituels des boîtes à consignes que lui procure le régime, il peut lui sembler qu'il n'y a pas d'alternative, comme disait une épicière anglaise récemment crevée.

L'illusion capitalistique, le financement, le pouvoir du cash, voilà le seul réel fondement au rayonnement médiatique des idéologies pourries que déverse sur le peuple français, en boucle, matin midi et soir, la classe journalistique, artistique (sic) et politicienne, via ses infrastructures télévisuelles, radiophoniques et - de moins en moins - de presse écrite.

L'argent. Dont le pouvoir a de plus en plus de mal à résister à celui de la simple vérité.

Or, voilà qu'un petit ado formaté, probablement fils de profs, soi-disant révolutionnaire tout en étant soi-disant brillant étudiant dans un des établissements universitaires les plus conformistes et politiquement corrects de Paris, décède lors d'une rixe avec (nous dit-on) quelques bas-du-front d'extrême drouâte, dont la caractéristique la plus remarquable, outre que leur procès est déjà fait dans toutes les rédactions avant son ouverture au tribunal, est probablement qu'ils partageaient avec le défunt un même goût pour les apparences vestimentaires.

Ô bénédiction !

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05/06/2013

Cache-cache pour tous

... avec la police, le 3 juin 2013 dans les rues de Paris.

Ou comment le harcèlement pacifique ridiculise le régime. Voyez le CRS qui, à la fin, donne des coups de pied dans un drapeau français tombé à terre.

04/06/2013

Les bourdes de Bourdeau

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Un exemple pour nos gouvernants : l'Afrique du Sud (mineurs de platine en grève, abattus par la police près de Rustenburg, le 16 août 2012)

 

Jean Bourdeau, attaché parlementaire de ce sénateur PS Jean-Pierre Michel selon lequel les opposants à la loi Taubira sont « les pires des homophobes » porte bien son nom, comme on peut le constater sur Twitter :

Bah oui, tirons donc sur la foule ! Des précisions ici.

Il paraît que c'était de l'humour.

Cet histrion de concours a également déclaré hier qu'un Veilleur l'ayant tutoyé devrait être envoyé au goulag :

Ha ! Mais que c'est drôle !

Est-ce que ce Pol Pot en herbe, visiblement mal informé de nos moeurs démocratiques, s'offusquerait de ce qu'on lui dise qu'il mérite une bonne paire de baffes ?

Eh bien pour ma part, contrairement à d'autres qui lui ont même souhaité un peu pire, je ne le dis pas.

Il est vrai que, n'étant pas chrétien, je peux manquer de charité.

Je me délecterais bien plus de voir ce parasite, parangon de la rigueur politique pour les autres sur Twitter, obligé de gagner sa vie en exerçant un vrai métier.

03/06/2013

Pierre Le Vigan sur la pensée de Michéa

 

02/06/2013

Manif Pour Tous : un CRS témoigne

 

Le témoignage suivant nous a été directement communiqué, à Hoplite et à moi, par un lecteur anonyme de nos blogs, se disant CRS.

Nous ne pouvons, vu le contexte, vérifier l'identité, qui nous est inconnue, de cette source ni la véracité de ses dires. De surcroît, nous ne sommes pas journalistes, c'est-à-dire protégés par une carte de presse et le secret professionnel contre d'éventuelles poursuites en diffamation et autres, susceptibles d'être diligentées contre nous par le régime.

Par conséquent, nous déclinons toute responsabilité dans l'hypothèse où les dires de notre source, dont nous ne pouvons garantir la crédibilité, seraient contestés par qui que ce soit. A chacun de se faire son opinion.

Toutefois, pour notre part, nous n'avons aucune raison de douter de ce témoignage, qui correspond à de nombreux éléments concordants (vidéos, récits de personnes abusivement interpellées et/ou placées en garde à vue voire brutalisées et même carrément tabassées) sur le fait que des consignes ont été données aux forces de l'ordre pour provoquer, arrêter abusivement et terroriser quantité de participants au mouvement La Manif Pour Tous.

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« Je me permets de vous contacter suite aux différents sujets abordés sur vos blogs. Faisant partie des forces de l'ordre, je ne peux malheureusement pas trop m'épancher publiquement sur vos sites. Chez nous il y a régulièrement des chasses aux sorcières, notamment en ce moment avec le mouvement du Printemps Français, auquel de nombreux collègues adhèrent, ou du moins partagent l'essentiel des idées.
 
Je vous confirme la plupart des témoignages qui sont mis en exergue sur vos blogs concernant la répression des manifestants, ou simple sympathisants. Avec mon unité nous avons régulièrement participé aux services d'ordre mis en place sur Paris pour les manifestations.
 
Outre la minimisation systématique du nombre de participants, j'ai assisté à de nombreuses aberrations, la liste serait trop longue à écrire. Mais lors de la semaine précédent la manif du 26 mai, plusieurs fois ils nous a été demandé de "provoquer" les manifestants afin de procéder à leurs interpellations... Première fois en quelques années de CRS que j'entends un tel ordre, inique, sur nos fréquences radio.
 
Mais le plus inquiétant est la panique totale qui touche nos "chefs", commissaires et autres directeurs, qui sont dépassés et débordés par un mouvement d'une telle ampleur. Les unités spécialisées dans le maintien de l'ordre sont tenues à l'écart des situations chaudes, les unités locales (jeunes et inexpérimentées) sont quant à elles systématiquement utilisées pour "casser" du manifestant.
 
Une anecdote particulièrement parlante : un soir de semaine [il y a peu], nous avions reçu l'ordre en fin de soirée, d'évacuer des membres du Printemps Français qui manifestaient devant l'Assemblée Nationale. Alors que nous procédions à la dite évacuation de façon calme et pacifique, un très haut gradé fou furieux nous a tancés, estimant que nous étions trop mous, et conciliants avec les "fauteurs de troubles", finalement nous avons été relevés sur la mission par une compagnie d'intervention parisienne qui n'a pas hésité à gazer et tabasser les manifestants dans le métro... pendant que nous étions cantonnés (punis) à garder une rue perpendiculaire à l'assemblée en pleine nuit...
 
Nous nous posons de nombreuses questions entre nous, la plupart de mes collègues (ce qui m'a d'ailleurs fortement étonné je vous l'accorde) sont conscients que cela ne pourra pas durer bien longtemps, nous serons amenés à faire des choix dans les années, voir les mois à venir. J'ose espérer que nous ferons les bons, j'en suis de plus en plus persuadé. 
 
Enfin merci pour votre blog, dont j'ai partagé depuis l'adresse avec des éléments de confiance de mon unité, en espérant que cela continue à leur ouvrir les yeux ! »